‹ Autour de la plume du cardinal de RichelieuChapitre 288 sur 352 · Mémoires, t. III, p. 36 et suiv · texte numérisé non relu

Mémoires, t. III, p. 36 et suiv

Son iiiserlion textuelle au Mercure français * lui donnait un caractère en quelque sorte officiel, bien que par un artifice dont on a vu tout à l'heure un exemple, il fût censé écrit par un Allemand pour ses compatriotes^. Quant à son attribution, elle ne peut faire de doute ; l'ouvrage est bien de Fancan, mais d'un Fancan contrôlé et guidé par Richelieu ; il y a là des deux plumes, avec la concision nerveuse et la modération du second pour ce qui touche à la Religion, et le stjde alerte du premierdont la part est décélée par quelques expressions typiques du Miroir du temps passé. Si Fancan a atteint avec son maître à son chef-d'œuvre 3, c'est à lui qu'il le doit, et ce sera, du reste, sa dernière production.

Un détail le relie au Catalogus et affirme leur filiation commune avec le Miroir du temps passé; de même que, dans ce dernier, Campanella ouvrait la liste des titres satiriques de livres imaginaires, YAdvis salutaire renfermait une longue citation du traité de la Monarchie du même auteur ^*.

La préoccupation de Richelieu d'empêcher un rapprochement de l'Angleterre avec l'Espagne ou tout autre ennemi de la France se manifestait dans une autre manœuvre, ayant pour but de rappeler à la première qu'elle pouvait être facilement menacée par l'Irlande, et que la rivalité des deux Couronnes de France et d'Espagne n'avait pas disparu avec le traité de Mouçon. Aussi YAdvis salutaire était-il suivi, sinon encadré de quelques facturas contre l'Espagne parus l'année précédente et hâtivement réimprimés, mais avec quelques variantes où figure pour la première fois le nom du frère du roi, sur lequel s'étaient ralliés les mécontents, adversaires de la politique royale. Nous les énumérerons brièvement ; c'est la Ligue nécessaire^ sous le nouveau titre de La Ligue nécessaire contre les perturbateurs du repos de V Estât, VEspée courageuse des vrais François devenue VEspée courageuse de Mon* sieur Frère du Roy contre les ennemis de la France ; il est vraisemblable que La France hors du tombeau qui célébrait les bienfaits

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