Discours..., p
commencée par YAdmonitio, il marque d'abord en elTet, en réalité, la fin de sa deuxième phase avec l'affirmation par Richelieu du triomphe de sa politique ; il concrète de plus pour lui le premier stade de sa carrière d'homme d'Etat et d'écrivain politique. Jusque-là, son effort n'a tendu qu'à déblayer le terrain, et ce Discours à se.s yeux même est le véritable point de départ de son Histoire devant sa postérité. Ceci n'est pas une figure ; non seulement Richelieu a vu ce factum, y a mis du sien, l'a autorisé, lui a donné une publicité énorme * , mais il l'a mis en tête des documents publiés de son vivant, dans le but qui le poussait à préparer ses Mémoires et son Testament politique pour les siècles à venir. Le Discours sur plusieurs points importants, débarrassé cette fois de l'épître liminaire de l'Imprimeur au lecteur, un subterfuge devenu inutile, ouvrait en 1635 la première édition du Recueil de diverses pièces pour servir à riûstoire ; mais alors que le Catholique d'Estat y était reproduit textuellement, le Discours, œuvre de politique seule et non plus de principes comme le précédent, était réimprimé avec des variantes qui en faisaient une œuvre presque nouvelle. Déjà pour la Harangue aux Estais de 10 H^ nous avons signalé un fait analogue ; il se reproduit ici, mais dans des pro- i portions qui font de la comparaison des deux éditions une véritable histoire de Richelieu de 162G à 1635 ; tous les événements survenus pendant ces neuf ans y ont laissé leur trace ; on y voit, avec la suppression de nombreux passages, la conséquence de la rupture avec la reine mère, le procès de Marillac, la modification des rapports avec l'Angleterre, avec le frère du roi, avec les Protestants - ; à côté de ces faits importants, quelques menus détails
1. L'ouvrage avait seize édilions au moins (B. N. Lb 36, 2475 A à N) ; les trois premières seules portent une date, 1626. Elles doivent présenter des variantes intéressantes que nous n'avons pu étudier, faute de temps. Nous nous sommes référés, dans notre travail, sauf avis contraire, à l'édition originale. Leur caractère clandestin contraste avec l'estampille quasi officielle que donnait à louvrage sa réimpression dans le Recueil des div. pièces de 1635.
2. Les suppressions faites dans le texte de l'édition originale, en laissant de côté les variantes, po: Lent sur les pages 8 (panégyrique de la reine mère) ; p. 9 (allusion à la méconnaissance par ? Espagne de son traité avec la France) ; p. 9 (Marie de Médicis) ; p. 13-15 (le mariage d'Angieterre, la persécution des Catholiques, le renvoi de la maison de la reine, le dépit de l'Angleterre à propos du traite espagnol, l'altitude du roi d'Angleterre, l'influence de Buckingham) ; p. 16 (le traité de la Valteline, la reine mère) ; p. 17 (les dangers couius par Louis XIII et l'allusion au procès de Chalais) ; p. 21-24 (le mariage de Mon-
d'actualité ont été seulement modifiés par une main moins lourde ; l'un d'eux est typique ; la France mourante avait été jadis attribuée et reprochée à Richelieu ; elle devenait la France languissante dans le texte du Discours du Recueil. Si Richelieu était bien servi par son cabinet de 1635, le temps avait aussi travaillé pour lui depuis 1626 ; car de Morgues, devenu son ennemi le plus terrible, ne soufflait mot de cette métamorphose, et son manque de mémoire nous a privé d'un chapitre curieux que sa faconde furi- "bonde n'aurait certainement pas laissé de confier aux presses de Bruxelles ou d'Anvers.
Le Discours sur plusieurs points importants avait avant tout 'pour objet de mettre fin aux attaques dirigées contre Richelieu par le parti catholique et le justifier auprès de la cour de Rome de sa politique passée ; son début contre la Rochelle en précisait assez la véritable signification ; elle était encore confirmée dans le texte par ses reproches à l'Angleterre, mais ceux-ci, tout en signalant l'affront fait à la France dans la personne de la reine, sœur de Louis XIII, et l'hostilité de parti pris de Buckingham, avaient surtout un caractère confessionnel et gardaient assez de ménagements pour prévenir une rupture avec l'Angleterre et laisser la voie ouverte à un accommodement. Un autre factum, VAdvis salutaire sur l'état présent des affaires d'Allemagne^ paru à la même époque vers la fin d'août^, le complétait sur ce dernier point ; il prouvait la nécessité du maintien de l'alliance des deux Couronnes, dans leur intérêt commun ; en réalité, son véritable bvit était de rassurer les alliés de la France ^ sur les conséquences du traité de Mouçon, et principalement l'Angleterre qui avait prêté ses bons offices pour la conclusion de la paix avec les Huguenots, et se voj^ait « frustrée de la fin pour laquelle elle les avoit .« faicts, qui était la continuation de la guerre en Italie ^ ».
sieur) ; — p. 28-32 (le panégyrique de la reine mère, les éloges des nouveaux garde des sceaux et surintendant des Finances, Marillac et d'Effiat'.