‹ Autour de la plume du cardinal de RichelieuChapitre 296 sur 352 · Advis d^un théologien sans passion, p · texte numérisé non relu

Advis d^un théologien sans passion, p

3 A rapprocher ce titre de celui d'un libelle de 1620 contre les Jésuites : Aduertissetnent aux Princes de la façon que se gouvernent les Pères Jéuiiles, Faict par un Religieux vuidé de Passion.

choisissait, précisément, avec toute intention certainement, l'écrivain de son cabinet, sinon le plus habile, au moins le plus connu après Fancan, par sa faconde, par ses allures, ses relations, ses succès populaires dans la chaire, et aussi celui qui lui était le plus attaché par son dévouement à la reine mère ; il ne pouvait guère compter sur sa discrétion, mais là aussi, il y avait un calcul de la part de Richelieu, car Mathieu de Morgues, à qui incombait cette tâche, avait de notoriété publique travaillé sous l'inspiration de Fancan, était son admirateur, partageait ses idées, et s'était vu incriminé pour des écrits aussi virulents que ceux de son chef immédiat. La participation presque exclusive et officiellement avouée que prenait à VAdvis d'iiii théologien sans passion le « jésuite renié », auteur de l'AvirippoTrov et de La France an désespoir^ pour ne citer de lui que ces libelles, prenait une signification toute particulière. Pour en tehuiner tout de suite avec la question d'attribution, la part qui lui revenait dans ce factum était en réalité bien faible ; il n'exagérait pas lorsque plus tard, alors qu'on le lui opposait, après sa rupture avec le cardinal, il déclarait que l'ouvrage écrit par lui « sur l'instante prière » de Richelieu « avait « été apostille et augmenté de sa main, sur un original fait sur (( ses mémoires, sacrifié à ses prières, et au commandement qu'il « en fit donnera l'autheur par la Reyne-mère ^... » ; il complétait plus loin ces renseignements en rappelant au cardinal qu'à Pontoise il avait « ajouté de sa main » ce qui concernait le Havre de grâce, et ses petits biens 2, puis en avouant ensuite que « le « cardinal y a mis, disait-il, tout ce qu'il a voulu ^ ».

Il serait exagéré de dire que de Morgues n'avait servi que de scribe à Richelieu, car il a mis dans VAdvis d'un théologien sans passion son accent convaincu et passionné qui rend son allure sympathique, mais c'est bien tout. Comme nous l'avons déjà constaté dans les Veritez chrestiennes, sa plume était trop brutale pour jouer de l'indignation et s'excuser en même temps, tout en sauvegardant sa dignité, pour mettre la menace et la hauteur dans

1. Reparties sur la Responi^e à la Remontrance au Roy, 1633. Div. pièces pour la défense de la Reyne mère... 1()43, t. II, p. 148 et 149.

2. Ce détail fixe exactement la date de la composition de l'ouvrage ; le cardinal se trouva/t à Pontoise du 20 septembre au 12 novembre 1626, Aveiiel, Lettres..., t. II, p. 263. 272, 277,280, 281, 290.

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