Response à un libelle..., p
profit de la France, l'hostilité jalouse des étrangers, et il dévoilait la ruse dont on avait usé pour amener à composition à la fois et à l'insu les uns des autres les ambassadeurs d'Angleterre et les envoyés rochelais ; seul, un familier intime delà cour, mêlé aux affaires et autorisé comme le Cardinal, pouvait se permettre la divulgation d'un fait pareil, aussi personnel, et ce trait rentre bien du reste dans le caractère de Richelieu qui « aimait mieux passer pour un finet et deslié que pour un homme simple et peu dissimulé 1 » .
Ceci seul révèle assez l'auteur ; et l'on peut en dire autant d'un détail sur les capacités militaires du roi, qu'il mêlait à son éloge, le prenant ainsi par son faible le plus intime ^ ; seul, Richelieu a pu être au courant de ce procédé mystérieux de Louis XIII pour être continuellement au courant des effectifs des compagnies de son armée et des noms de leurs capitaines ^.
Voilà pour les 21 premières pages consacrées à une seule des quatre parties de l'ouvrage, la première ^ ; pour celle-là, comme on le voit, un écrivain du cabinet, un retoucheur, a fait le nécessaire, ce que de Morgues appelait (.< adoucir le stile » ; mais il s'est arrêté là. Les trois autres parties qui occupent seulement deux pages sont restées à l'état d'ébauche, sans retouches, ni développement, ni intervention postérieure, telles que le maître les a écrites, ou plus probablement dictées ; ce sont des phrases sans liaison de style, courtes, hachées, brèves, sèches comme des commandements, semblables à celles des mémorandums où le maître fixe fébrilement ses idées fugitives ou ses souvenirs siins souci d'ordonnance, de style ou même de ponctuation. L'une déciles est même si caractéristique qu'elle suffit à le dénoncer : « Il faut expédier et passer au second poinct ^. » N'est-ce point Richelieu tout entier qui passe dans cet ordre brutal, sec, bref et impérieux?
Une dernière remarque péremptoire vient s'ajouter à celles-ci :
1. Frais et bons advis de François Fidèle, 1631, p. 30 et 31. Div. pièces pour Ja déf. de la Reyne-mère, Anvers, 1643.
2. La maison du card. de Richelieu, chap. xvi, La maison militaire, p. 404 et suiv.