‹ Autour de la plume du cardinal de RichelieuChapitre 326 sur 352 · Remonstrance de Caton Chrestien, 1631, p. 23 (Id · texte numérisé non relu

Remonstrance de Caton Chrestien, 1631, p. 23 (Id

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d'une défensive banale, comme d'après un mot d'ordre occulte, et ces quelques prétendus exemplaires vendus subrepticement n'étaient peut-être autre chose qu'une première édition d'un factum compromettant que l'on désavouait ainsi.

Un mois après celui-ci ^ en paraissait un autre, la Remonstrance à Monsieur par un Français de qualité qui comblait la lacune ; il est inutile de dire quel en était l'auteur. Seul, Richelieu avait, avec l'autorité de son nom, de son rang et de son pouvoir, le doigté nécessaire pour produire une œuvre aussi directement offensive et presque acrimonieuse contre le frère du roi, dont la haute personnalité était ainsi mise en cause pour la première fois. D'après le témoignage de Mathieu de Morgues, la rumeur publique le lui attribuait 2, et avec raison, car Richelieu, alors dans la plénitude de sa puissance, le signait en réalité, dans un beau geste de fierté, par le même titre qu'il avait pris un an avant dans cette réponse à un libelle du duc d'Orléans 3, où il luttait, presque tout seul, sans auxiliaires, contre un milieu hostile qui attendait sa ruine.

De Morgues, bon juge cette fois, y reconnaissait le style du Cardinal* ; et tout en effet l'y rappelle, sa manière serrée, nerveuse, hautaine, en même temps que sarcastique et incisive que lui seul du reste pouvait se permettre, en invoquant des souvenirs comme ceux de Chalais, du maréchal d'Ornano, et de son intimité de jeunesse avec Louis XIII ; nombre de tournures de phrases, absolument typiques^, lui appartiennent en propre. Quant à l'allure générale, elle est bien de la plume qui a écrit les Principaux points de la foy auxquels on ne peut mieux que comparer ce discours où il y a toute la gamme des sentiments depuis l'ironie cruelle dissimulée comme sait le faire Richelieu, jusqu'à la compassion trop doucereuse et quelque peu dédaigneuse dont il aime à jouer vis-à-vis d'un ennemi mortel terrassé ; tout ce qui pouvait être blessant pour la reine mère était évité avec un soin tout particulier.

Ajoutons enfin qu'avec ses caractères et papiers exceptionnellement beaux, sa composition extrêmement soignée, l'édition origi-

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