APPENDICES
(Chap. XIII, p. 367)
B. N. Ms. Fonds fr. 6651, ff. 111-112 s.d. (Vers le 2 août 1626, d'après Avenel,
Lettres, t. II. p. 140).
Rapport au vray de ce que le S^ de Rion a dict au logis du chevalier du guet, avant que d'entrer en la Bastille.
Après plusieurs discours par luj^ tenus sur plusieurs choses du temps passé et quelques unes de présent, comme homme fort prolixe en cela, il commencea avec forme d'exclamation de dire qu'il ne pouvoit croire que Monseigneur le Cardinal eust sceu quelque chose de son emprisonnement, ny qu'il eust consenty, d'autant qu'il sçavoit bien les services qu'il luy avoit rendus, et mesme que le dernier luy debvoit lever tout soubson ; que, pour son eslargissement, il ne vouloit avoir recours qu'en \uy, et que, sy il estoit vray que led. Sieur mon Cardinal en eusse sceu quelque chose, qu'il falloit que ce fut esté Af. Fancan qui eust supposé quelque chose contre luy. Qu'il n'estoit poinct son amy, combien que d'autrefois il l'eusse traicté plusieurs choses ensembles, mais qu'il croioit que il y eust avancé des choses qui ne luy sont poinct esté dicte, et que peult estre la crainte que il ne les descouvrir (sic) il ne luy avoit faict faire cela. Que, devant que il eusse promis et juré service à mon dict seigneur le Cardinal, que le Sieur Fancan n'alla trouver et lui dict qu'il failloit que il fut serviteur de mon dict Seigneur et que il y attira M. de Thoiras. Et que, pour ce faire, il luy proposa ung mariage d'une des parante de mondict seigneur pour luy. Du depuis, ledict sieur Fancan
l'a veu plusieurs fois et communicqué avec luy. Et que une fois il y porta trois centz escus et lui dict qu'il failloit qu'il fit ung livre à l'advantage de Messieurs qui gouvernoient et qu'il avoit lettre de Monseigneur de luy dire. Dont il a eu quelque lettre mesme pour cest effect dud. Sieur Fancan. Ce qu'il fit. Lequel livre il fit intitulé Discours contre les perturbateurs de VEstat, lequel il montra aud. Sieur Fancan, lequel luy rapporta apostille et corigé, luy disant qu'il l'avoit faict veoir à mondict Seigneur. Et qu'après qu'il luy eust faict imprimer et retirer touts les exemplaires, ledict Sieur Fancan luy dict qu'il failloit changer ung tiltre et mettre dessus. Advis salutaire au Roy. Ce qu'il fit, et après il s'en alla en sa maison auprès d'Orléans, où il y fut porte ung mémoire non signé qui dict estre dudict Sieur Fancan, par lequel il luy mandoit qu'il se garda bien de venir et que M. de Baradas le pourroit faire arrester, d'autant qu'il parloit contre les favoriSy et que il sçavoit bien quil ne Valloit pas ireuver bon. De sorte que luy parlant demeura sept ou huict jours à revenir, après lesquelz quant il fut revenu personne ne luy dict mot. Qu'il juroit et protestoit n'avoir faict aulcune chose, et que, tant s'en fault que le dernier voiage qu'il fut icy, qu'il y estoit pour servir mondict Seigneur. Et que ledict Sieur Fancan le vit ung soir dans le cloistre qu'il se promenoit fort tard avec M. de Cavoe, qui pourra avoir interprète cela mal et le dire à la Cour. Et, sur ce que je luy ay remonstré que je croiois certainement que ledict Sieur Fancan n'avoit point contribuer à cela et que je voiois point que il y eust subjectde luy vouloir mal pour tout ce qui disoit cy dessus, il dict que c'estoit qu'il avoit peult estre advancé beaucoup de chose dont il n'avoit pas charge, et, quant il auroit Fhonneur de parlera Mondict Seigneur, qu'il lu}^ en diroit davantage et qu'il justifieroit une partie de son dire par lettre qu'il avoit en main. Comme il appert parla coppie de la lettre escripte à sa femme, que j'envoye. J'ay creu que ces chose la debvoit estre dict à mondict Seigneur, affin qu'il peult juger le vray ou le faux de ceste affaire. [Au dos :] Discours de Rion au chevalier du Guet.
(Cha.p. XVII, p. 418)
Mathieu de Morgues à Richelieu.
^Arch. des aff. élr. Mém. et doc. France 782 ff. 301 et 302).
[Paris, 14 août 1626]
Monseigneur,
J'ay eu l'honneur de vous escrire par M. de Fancan, que j'avois prié de faire ung commentaire à ma lettre, estant assuré que ses discours vous seroint plus agréables que mes escrits, qui vous eussent ennuyé par leur longueur. J'ay creu que mon debvoir m'obligoit à rendre compte de temps en temps de mes actions à celui qui en est le maistre, et auquel après Dieu je les rapporte toutes, non seulement pour vous donner quelque tesmoignage de ma recognoissence, mais encore pour satisfaire au désir que j'ay de prendre la règle de ma conduicte de la personne que j'honnore par dessus tous les hommes, et qui gouverne si sagement le public, dans lequel je ne suis qu'une voix qui vous supplie très humblement de me donner le ton qu'il vous plaist que je chante à Fadvenir, estant obligé de vous dire celuy que j'ay pris despuis Ves- Iqignement de la Cour. Je vous diray donc (Monseigneur) que sur les cognoissences que j'ay eu que les estrangers ennemis de l'Estat s'efforçoint de ternir son lustre par les escrits et par les discours publics et particuillers, je me suis principalement occupé à descouvrir la source de tous ces maux et à es mouvoir ceux qui y pouvoint apporter quelque remède. J'ay faict en sorte que le secrétaire de l'ambassadeur de Flandres et l'agent du duc de Bavières ont esté advertis du juste soupçon qu'on avoit qu'eux seulz ont distribué les deux Hures venus despuis peu de Bruxelles et d'Aushour g. Cet advis lésa tellement resserrez, qu'il ne se void pas une copie de ces infâmes livrets, dans lesquelz j'ay eu l'honneur d'avoir quelque part, tousjours en qualité de vostre très humble serviteur. Pourl'escrit françois intitulé le Roy du Roy, duquel je don- Jjj nay advis à M. de Fancan, il est vray qu'un nommé Marcel^
m'en dict toutes les particullaritez, et bien au long. J'ay recognu du despuis que cet esprit malin, qui s'est meslé d'escrire aultrefois des libelles diffamatoires, et entre aultres celuy qui vous fut monstre l'année passée escrit à la main, m'avoit baillé le change et avoit envie de publier son ouvrage. M. L' Anglais et moy l'avons arrestéj l'ayant faict mander par Monsieur le Procureur Général, auquel il a nié tout ce qu'il m'avoit dict, et qu'il me confirma le lendemain, en me faisant des reproches de ce que je l'avois descouvert. M. L'Huillier, vostre banquier, estoit présent. Je croy que la précaution que nous y avons apporté a estouffé cet avorton devant qu'il vid la lumière. Que, s'il eust veu le jour. Monsieur le lieutenant civil et le chevallier du guet, que j'avois advertis, eussent aussitost jette l'autheur et son ouvrage dans les ténèbres. Ainsi le mal a esté prévenu, et, au cas qu'il eust paru, et que vous eussiez voulu permettre une reffutation, je vous eusse supplié d'avoir agréable que ma pleume, qui s'est souvent présentée à vous, et qui a esté inutile jusqu'à présent, servît le Roy en ceste occasion. Pour ce qui est de ma voix, je l'ay donnée au public le plus souvent que j'ay peu, et l'ay employée en toutes les festes solemneles qui ont esté célébrées icy. et dans les parroisses, et dans les monastères, et peux dire avec vérité que j'ay esté ouy en toutes les grandes assemblées, excepte celle des Jésuites. Je vouldrois, à peine d'estre ung peu descrié parmy les francs Gaulois, avoir tenu la place de celuy qui en a grandement abusé. Je tâchay de reffuter ce qui touchoit la personne du Roy et son conseil en termes généraux et les plus modestes que je peux choisir quattre jours aprez preschant à la feste de saint Dominique aux Jacobins reformez, où se trouvèrent beaucoup de personnes de qualité, et la plus grande partie des prédicateurs de Paris, surtout les relligieux. La plus forte considération qui me porte à prendre le travail de la prédication le plus souvent que je peux, en ceste saison incommode, et aux grandes assemblées est que je suis bien ayse de tenir la place d'un homme qui se serviroit peult estre de ces occasions pour donner des mauvaises impressions du gouvernement, là ou je recommende tant que je peux la prière, le service et l'obeyssence qu'on doibt au Roy, auquel je ne peux tesmoigner aultrement ma recognoissence qu'en m'acquittant de ma profession en bon chrestien et bon citoyen. J'emploj^e le temps qui me reste des occupations publiques aux visites de ceux que je croids
estre plus utiles au service du Roy, comme sont Messieurs les présidents LeJay, de Bellievre, de Mesmes et aultres principaux officiers du Parlements. Je voids aussy quelques prélats, et les curez des plus grandes paroisses de Paris. Je tache partout d'effacer les mauvaises impressions qu'on leur donne, et confirme les bonnes tant que je peux. J'ay l'honneur de voir quelquefois Madame la Contesse, et applique aux appréhensions qu'elle se donne et qui luy viennent d'ailleurs les meilleurs remèdes que je peux estudier. J'ay souvent adverty M. de Fancan de ce que j avois appris, et continueray à veiller tant qu'il vous plaira. M. de Longueville a désiré de me voir chez luy, j'ay esquivé, craignant que cette visite ne vous fut point agréable, et fuyray jusques à ce que j'aye receu l'honneur de vos commandements, auxquelz j'obeyray très exactement. Après avoir faict tout ce que je dicts et tout ce qu'il vous plairra de m'ordonner, je diray tousjours que je suis serviteur inutile, que je ne sçaurois faire la centiesme partie de ce que je doibs au Roy, à la Rojme et à vous (Monseigneur). Mais je scay que vous avez l'âme si généreuse, et ressemblez en cela à Dieu, que vous prenez mes efforts pour des effects, et mes bonnes volontez pour des bonnes actions. Je vous supplie (Monseigneur) de croire que toutes mes pensées ne tendent qu'à vous complaire, mes paroles qu'à vous estimer, mes escrits qu'à vous louer et deffendre contre les envieux de vostre vertu, et ma vie qu'à vous servir. Il ne tiendra qu'aux occasions et à vous que les tesmoignages n'en soint authentiques et publics et que toute la France en laquelle vous m'avez donné oing petit coing de rettraite ne recognoisse combien je déteste l'ingratitude, ressents vifvement les obligations que vostre bonté a acquis sur moy, et jusques à quel poinct je suis,
Monseigneur,
Vostre très humble, très obéissant et très obligé serviteur.
M. DE Saint-Germain .
Paris, ce 14 d'noust 1626.
[Au dos, adresse : J A Monseigneur, Monseigneur le Cardinal de Richelieu. En Cour.
[Original.]
DU CARDINAL DE Rli:HELlEU 517
(Chap. XIX, p. 475. note ' ).
Ms. Orig. coll de l'auteur.
tant par ledict Estât au vray que Estât particulier cy devant
dattes et rendus pour son payement de la solde nourriture et entretenementde vingt chevaulx roulliers et de traict a luy appartenans qui ont servy au tirai des pièces et munitions d'arth''^ estans à la suitte de ladicte armée du Roy commandée par ledict sieur Cardinal de la Vallette en Loraine durant ledict mois de Juillet de l'année de ladicte année de ce présent compte commancée et finie comme dessus qui est a raison de quarante solz par jour pour chacun cheval de laq^'® somme de douze cens livres tournois payement en a esté faict comptant par cedict présent trésorier et comp"^ audict Perin ainsy que dudict payement il apert par sa quittance signée et passée pardt nottaires royaulx audict lieu du Pont-a-Mousson en datte du vingt deuxième jour du mois de Juillet mille six cens trente cinq cy rendue pour ce cy ladicte somme de XIIC ff.
A Gabriel Senechal autre roulleur de ladicte artillerie de France la somme de trois mil cent vingt livres tournois a luy ordonnée tant par ledict estât au vray que estât partl'*^'' cy devant dattes et rendus pour son payement de la solde et nouriture et entretenement de cinq^^ deux chevaulx roulliers et de traict a luy appartenans et qui ont servy au tirail des pièces et munitions d'arth*^ estans a la suitte de ladicte armée du Roy commandée par ledict sieur Cardinal de la Valeette en Allemagne durant ledict mois de juillet de ladicte année de ce présent compte commancée et finie comme dessus qui est a raison de quarante solz par jour pour chacun cheval. De laq"*^ somme de trois mil cent vingt livres tournois paj^ement en a esté faict comptant par ledict présent trésorier et comptable. Audict Senechal ainsi que dudict payement il apert par sa quictance signée et passée en pr" dudict Morin commis au con"" gênerai de ladicte arth'*^ de France en datte du deuxiesme jour du
mois d*aoust mil six cens trente cinq cy rendue pour ce cy
ladicte somme de IIIMCXX f^. i
A Jacques Poictier autre rouUeur de ladicte arthillerie de France la somme de neuf cens soixante livres tournois a luy ordonnée...