‹ Autour de la plume du cardinal de RichelieuChapitre 55 sur 352 · Avenel, Lettres..., t. I, p · texte numérisé non relu

Avenel, Lettres..., t. I, p

2. Le Miroir royal de S. Louis, ou instruction politique de ce que les trois Ordres peuvent légitimement demander au Boy en V Assemblée des Etais, par P. F. D, G. P. Poitevin, Paris, 161^, Avec privilège du Roy, f" 9 et 10.

3. Perrens, Un procès criminel sous le règne de Henri IV, 1608, Paris, 1867, p. 14.

4. Louis Lacroix, Note sur une collection de 82 pièces historiques publiées à Paris pendant l'année 16iU.

5. Antoine Aiiiauld, Avis au Roy pour bien régner, Paris, 1614 (R. Arnauld d'Andilly, Mémoires, Hambourg, 1734. l^epart., p. 15).

discussion comme Le thrésor des lluésors de Jeun de Beaufort ', « un donneur d'avis », à propos delà recherche des financiers ^, de même qu'une thèse nouvelle de Richer était mêlée aux débats sur la question de la souveraineté royale '.

Tous ces factums viennent donc se grouper naturellement autour de la Harangue que Richelieu prononçait au nom de son Ordre, à la clôture de la session. Quelques rapprochements de certains d'entre eux avec elle nous fourniront l'occasion de les citer à son sujet ; de même, nous aurons plus tard à en rappeler d'autres qui renferment l'essence de quelques-unes de ses idées futures et qui semblent même les avoir inspirées ; il n'est là rien d'invraisemblable, étant donné les facultés puissantes d'assimilation de Richelieu, et sa règle de conduite « d'écouter beaucoup » *, doublée d'une « ouïe monstrueuse » comme celle de Henri IV; en tout cas, s'il ne leur a pas fait d'emprunt servile, il a utilisé certainement plus tard, à un degré quelconque, ces productions où se donnaient libre carrière les passions qui présidaient sous une forme plus discrète aux discussions des Etats ; il a puisé assurément dans cet amas confus d'idées bouillonnantes ; son génie, trop élevé pour être atteint par la flétrissure réservée aux plagiaires 5, a pu, du reste, le faire impunément, car il sait non seulement lire, mais « digérer » * ce qu'il a lu. De là même dérive précisément le haut intérêt de cette période ; elle marque le point de départ de la gestation de nombre de ses conceptions de tous ordres, et à ce litre, son importance dans la vie de Richelieu est de beaucoupplus considérable par l'influence qu'elle a eue sur son avenir, que par le rôle immédiat qu'il a joué aux Etats et la part qu'il y a prise luimême avec sa Harangue.

1 . Le thrésor des tlircsors de France, voilé à la Couronne par les incogneues faussetez, artifices et supposilions, commises par les principaux officiers de finance, descQUVcrt et présenté au roy Louis XIII, en l'Assemblée de ses Etats Généraux tenus à Paris Van 1615, par Jean de Beaufort, parisien..., 1615.

2 Florimond Rapine, Recueil très exact et curieux de tout ce qui s'est fait et passé de singulier et mémorable en V Assemblée générale des Estais tenus à Paris Van 1614, Paris, 1651, p. 423.

Page 1