‹ Autour de la plume du cardinal de RichelieuChapitre 59 sur 352 · L. Baliffol. La vie intime d'une reine de France, p · texte numérisé non relu

L. Baliffol. La vie intime d'une reine de France, p

l'épiscopat ^, lui créaient une situation presque hors de pair ; son loyalisme n'était-il pas, du reste, hors de doute grâce à ce serment de fidélité donné à Marie de Médicis, au lendemain de la mort du roi, une démarche qui avait peut-être, sur le moment, provoqué des railleries à l'endroit de son ardeur trop naïve, mais qui prenait alors la signification d'un calcul profond, ayant percé de loin les ténèbres de l'avenir, et lui faisait comme une auréole de perspicacité et d'habileté redoutables ?

Pour tenir ce rôle d'Orateur du Clergé, il fallait surtout un diplomate capable d'éviter tous les heurts ; c'était le danger que redoutait le plus la (k)ur, avide de voir se dissoudre au plus tôt ces Etats qu'elle n'avait pu éviter, d'accord en cela avec le Clergé épouvanté des hardiesses de l'un de ses membres, Miron, l'évèque d'Angers 2. Richelieu y était bien préparé par les diverses missions qui lui avaient été confiées peut-être intentionnellement pendant la session ; elles lui avaient servi, non seulement à se mettre en rapport avec les deux autres Ordres, mais à donner la mesure de sa valeur et surtout de sa pondération. La date seule de la première, en dehors de toute autre preuve, montre assez de quelle considération il jouissait parmi les siens, soit qu'il la dût uniquement à sa réputation, soit que la reine Teût déjà désigné ; au lendemain de l'ouverture des Etats, il prenait contact avec le Tiers, en allant lui donner avis, d'après la délibération du 5 novembre 1614, « de la forme observée en son Ordre sur la prestation du serment » ^ ; le 20 du même mois, il était chargé d'une mission délicate de conciliation entre le Tiers et la Noblesse au sujet de quelques paroles de Sa varon, relevées comme injurieuses par celle-ci, et il s'en acquittait en homme avisé, sans prendre parti, avec l'autorité et la force du calme et de la simplicité * ; le 4 décembre, il était encore l'un des prélats délégués pour étudier avec la Noblesse, sa jonction avec son Ordre pour la recherche des

1. Les ambassades et négociations du cardinal du Perron, Paris, 1623, p. 457 (8 mars 1606).

2. (Alphen) Journal inédit d Arnaud d' A ndilhj ;1614-1G';0 , Paris 1857, p. 24 et suiv.

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