‹ Autour de la plume du cardinal de RichelieuChapitre 58 sur 352 · Hist, du card. de Richelieu, t. H, I'* Partie, p · texte numérisé non relu

Hist, du card. de Richelieu, t. H, I'* Partie, p

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lités spéciales ; elles ne lui manquaient point, et ses collègues ne pouvaient que ratifier ce choix.

Tout d'abord ils connaissaient son énergie ; elle s'était manifestée devant eux à propos de la représentation de sa circonscription aux Etats par un acte qui prouvait en même temps son souci minutieux de l'observation des formes régulières de la vie publique ; dans la séance du 22 novembre 1614, il avait demandé et obtenu « l'observation, exécution et inscription au procès-verbal» d'un arrêt du Conseil d'Etat, rendu le 8 du même mois, qui tranchait une question de pouvoirs en faveur des députés de la Sénéchaussée en Poitou contre ceux de Fontenay * ; il ne convient pas d'attacher à ce détail plus d'importance qu'il ne mérite, mais cet acte d'autorité, de la part de ce jeune évêque, n'a certainement point passé inaperçu, d'autant qu'il n'était pas seulement du ressort du Clergé et qu'il s'exerçait sur un terrain commun aux trois Ordres ; cette initiative résolue qui prouve, en tout cas, que Richelieu entendait avoir et avait la haute main sur sa circonscription contrastait singulièrement avec l'indifférence de son confrère et voisin, l'évêque Jean de Genouillac, devant un conflit soulevé dans le Tiers entre le député d'Uzerche et ceux de l\ille et de Brive, qui déniaient la validité du mandat du premier -.

L'indication de la reine mère en sa faveur, mise à part, on le sa\ait persona grata auprès d'elle par la protection de la toutepuissante favorite Leonora de Galigaï, à laquelle il avait dû, en 1606, le titre de grand aumônier du roi ^ ; son amitié connue avec Barbin, leur inspirateur à toutes deux, l'avait servi et le servait peut-être plus encore de ce côté, de même que dans son Ordre, ses rapports déjà anciens avec le cardinal du Perron qui s'était jadis employé à Rome, sur ordre de Henri ÏV, à son élévation à

1. Pierre de Behely, Procès-verbal contenant les propositions délihératives et résolutions prises et reçues en la Chambre ecclésiastique des Etats généraux, Paris, 16o0-1651, 2^ édit., p. 112.

2. Florimond Rapine, op. cit., p. 70 et 93. Ce conflit n'eut pas de suite. Au cours de la session, le 3 février 1615, le même député d'Uzerche, de Chavaille, lieutenant général de la sénéchaussée, fut maltraité par de Bonneval, député pour la noblesse du Haut-Limousin, irrité de ce qu'il avait été élu malgré lui ; l'incident provoqua dans le Tiers une vive émotion, et son intervention auprès du roi. (Richelieu, Mémoires, t. I, p. 233, Arnaud d'Andilly, Journal inédit

1()10-1624\ p 42 el 43).

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