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cation de leur principe tiré de saint Paul : Potestas omnis a Deo^.
La mcme question revenait plus loin dans le corps de l'ouvrage et sous une autre fortiie, à propos des Etats de 1614 ; les ministres protestants soulevaient le problème épineux de la souveraineté royale agité à cette occasion et qui avait alors provoqué un déchaînement de passions ; ils se plaignaient au roi d'être haïs et maltraités parce qu'ils maintenaient la dignité de la couronne contre les usurpations étrangères ; ils lui rappelaient qu'aux derniers Etats « la question a esté agitée si le Pape peut déposer (( nos Roys, et s'il est en la puissance des Papes de disposer de (( vostre couronne, et que par la faction des ecclésiastiques qui « entraîna une partie de la noblesse, vous y avez, disaient-ils, « perdu votre procès. Dont le pape leur en a escrit des lettres « triomphantes et pleines de louanges. Chose que nous, comme « aussi plusieurs Catholiques Romains de vos subjects, ne souffri- «. rons jamais, sachans que nous devons nos vies et nos moyens à la ({ (leffence de la dignité de vostre Couronne ; surtout à la deffence « d'un droit que Dieu vous donne et qui est fondé en sa parole. « l^spérans qu'un jour Dieu vous ouvrira les yeux pour apper- « cevoir que sous ce nom spécieux d'Eglise Romaine, le Pape <( s'establit une monarchie temporelle en terre, et a soubstrait de <( vostre obéissance le quint de vos sujets, à sçavoir les Ecclésias- « tiques, qui se disent n'estre point vos sujets, et qui ne sont pas (( justiciables devant vostre justice, et ont mesme pour leur tem- « porel, un autre souverain hors du Royaume. A quoy s'il est ad- « jousté que le Pape prétend et qu'il a desjà pratiqué, mesme de « nostre temps, à scavoir qu'il peut vous oster la vie et la couronne « que reste-t-il. Sire, sinon que vostre Royaume est un fief du « siège papal et vous ne vivez et ne régnez qu'à sa discrétion 2. »
De l'aveu même de leurs ministres, les protestants avaient donc été les premiers instigateurs du fameux article des Cahiers du Tiers qui avait donné lieu à des incidents si retentissants ; le Cardinal du Perron avait frappé juste en leur attribuant alors
1. Le Cardinal du Perron usait de moins de ménagements : « Ils l'observent ^ tellement, dit il, que Calvin fît brûler Servet à Genève et les Ministres de « Suisse Valenlin Gentil à Berne, et en Angleterre encore aujourd'hui, les «i Arriens sont punis de mort .. » 'Perroniana, p 234.)