Les principaux points de la /oy... p
raentation présentée jadis devant la Chambre du Tiers par le Cardinal du Perron, pour expliquer et justifier le Clergé de son attitude dans la discussion du premier article des cahiers du Tiers ; il ne s'en cachait point du reste, et lui en attribuait bien haut tout le mérite. A ces mêmes Etats, il avait, lui aussi, après le Cardinal du Perron ^ ajïïirmé le droit divin de la puissance temporelle, en déclarant, au nom de son Ordre, « qu'un prince ne « sçauroit mieux enseigner à ses subjects à mépriser sa puissance « qu'en tolérant qu'ils entreprennent sur celle du grand Dieu de « qui il tient la sienne ^. » Le principe des protestants était le même Polestas omnis a Deo, avec la même conséquence rigoureuse d'intolérance. Bien qu'on en ait dit, ils n'avaient alors pas plus l'un que l'autre, la conception d'une vie nationale indépendante des croj^ances religieuses ; celles-ci occupaient dans l'existence une trop grande place pour que la tolérance à leur endroit pût être autre chose qu'une conception purement théorique du domaine intellectuel ; mais même sur ces deux terrains distincts dominés chacun par un même principe supérieur, catholiques et protestants n'étaient point séparés seulement par une différence absolue de spirituel ; un point de vue diamétralement opposé leur servait de base dans la pratique des rapports du spirituel et du temporel, et cette divergence radicale était la source d'un conflit pacifiquement insoluble.
Chez les premiers protestants, l'union du temporel et du spirituel est tellement intime qu'ils se confondent et ne forment qu'un bloc ; leur statut est à la fois politique et religieux, et on ne peut le disjoindre en tenant compte de ces deux éléments, car chacun d'eux n'a sa raison d'être que par l'autre . En réalité même, il est plus politique que religieux, et cela dès leur origine ; leurs pasteurs ont d'abord prêché l'épée au côté ou fichée en terre devant eux, et leurs premiers diacres, receveurs des deniers ecclésiastiques, taillent à la fois pour les ministres et pour les troupes. Cette confusion pourrait, à la rigueur, s'expliquer au début de la Réforme, par l'instinct commun de conservation qui groupe leur minorité dans sa lutte contre le catholicisme ; ce n'est plus possible à l'époque où ils ont conquis leur indépendance, et où leur