‹ Autour de la statue de Jean HoudonChapitre 10 sur 24 · L'INAUGURATION · texte numérisé non relu

L'INAUGURATION

Les derniers échos de la fête de Trianon retentissaient encore que la sous-commission d'inauguration dut se remettre au travail. La statue de Houdon venait d'être achevée, et M. Tony Noël adressait à ce sujet au Comité d'inauguration, une lettre le priant de se rendre à Giichy-Levallois, afin d'examiner et de recevoir officiellement son œuvre complètement terminée.

Le mercredi 10 juin, M. Bertrand, accompagné de plusieurs membres du Comité et de l'Association, se rendait à deux heures à Tatelier du praticien Contini où se trouvaient déjà MM. Tony Noël et Paul Favier. D'un commun accord, la statue fut déclarée, à juste titre, irréprochable ; beauté, élégance, simplicité, ce magnifique marbre blanc possède toutes ces qualités; l'un des membres présents traduisit ainsi sa pensée: « Cette statue renferme, à elle seule, tout un siècle d'élégance. »

Le Petit Versaillais, Aan^ son numéro du 21 juin, publia à ce propos Tarticle suivant que nous reproduisons in extenso, car il résume bien tout ce qui a été dit alors, ainsi que le jour de l'inauguration.

« La semaine dernière, les membres du Comité de la statue de Jean Houdon ont été visiter la statue qui est achevée et prête à prendre place sur sonpiédestal. Cette œuvre fait le plus grand honneur au sculpteur Tony Noël : Houdon ne pouvait rêver un hommage plus digne de lui. La pose est pleine d'élégance ; le mouvement, très vivant, donne un ensemble de lignes souples et harmonieuses ; la tête est d'un modelé fln et expressif. Ce morceau de maître est taillé dans un marbre d'une irréprochable pureté qui se détachera merveilleusement sur la verdure environnante. Dix-huit mois auront suffi pour élever ce monument.

Houdon aura été privilégié. Combien de temps a-t-il fallu pour réunir les fonds nécessaires à la statue de Balzac? Combien en faudra-t-il pour le monument de Victor Hugo ? L'Association artistique et littéraire a vu couronner ses efforts par un succès qu'elle n'osait espérer si rapide. Elle a

d'ailleurs été puissamment aidée par la population de Versailles, par son Conseil municipal, par la Comédie-Française qui s'est, dès le début de Toeuvre, intéressée activement à sa réussite. On n'oubliera pas son concours à la représentation de Trianon, ni la belle représentation de Ruy-Blas qu'elle est venue donner officiellement à Versailles pour payer, disait- elle, sa dette à Jean Houdon. L'inscription, qui sera gravée sur le piédestal de la statue, rappellera la part prise dans l'œuvre accomplie, par l'Association artistique, la ville de Versailles et la Comédie-Française. Personne d'ailleurs ne sera oublié ; le procès-verbal qui sera déposé sous le monument, aura une mention pour tous ceux dontle dévouement a contribué au succès.

y> L'inauguration, comme nous l'avons annoncé la semaine dernière, aura lieu le 28 juin. Déjà le beau piédestal dû à M. Favier s'élève dans le square de Clagny, dont l'aspect va être très heureusement modifié par les travaux actuellement en cours. »

Tranquille de ce côté, le Comité s'occupe des invitations à faire tant pour l'inauguration fixée au dimanche 28 juin que pour

le banquet qui doit avoir lieu à 6 heures 1/2 à l'Hôtel des Réservoirs. Cette date n'avait pas été choisie au hasard.

C'était le 28 juin que Versailles fêtait le 123^ anniversaire de la naissance du Général Hoche.

A cette occasion, chaque année a lieu sur la place d'Arnaes une revue des troupes de la garnison qui se termine par un défilé devant la statue du grand capitaine, enfant de Versailles.

Chaque année aussi, dans la journée, les grandes eaux du Parc jouent elles fêtes se terminent par un feu d'artifice tiré sur la place d'Armes. Pouvait-on choisir une journée plus propice ? Aussi cette date futelle acceptée avec empressement par M. Edouard Lefebvre, maire de Versailles, qui décida, d'accord avec le Comité, que l'inauguration aurait heu à deux heures, square Duplessis.

Nous ne pouvons nous appesantir ici sur tout ce qui a été fait pendant les trois semaines qui précédèrent l'inauguration ; notre exposé peu intéressant, par ces détails mômes, deviendrait vite fastidieux; mais ceux qui voudront bien nous lire reconnaîtront sans peine qu'il a fallu le concours

dévoué de tout le monde, afin de n'oublier personne le 28 juin, et surtout pour ne blesser aucun amour-propre parmi toutes les sommités dont le Comité réclamait le concours. Aussi, pour atteindre plus facilement ce but, le Président se fit un devoir d'aller trouver M. le Préfet de Seine-et-Oise, M. Bargeton, qui se mit immédiatement en rapport avec lui, avec une amabilité et une bonne grâce auxquelles nous sommes heureux de pouvoir rendre hommage. M. le maire de Versailles, qui depuis dix-huit mois nous encourageait en toute occasion, et M. Gatin, le secrétaire général de la Mairie qui lui aussi a droit à toute notre gratitude, furent en cette occasion des collaborateurs indispensables.

Mille invitations furent lancées dans Versailles, en dehors des invitations particulières, adressées tout d'abord à l'Académie des Beaux-Arts, à la Comédie-Française, sans oublier bien entendu, son administrateur général, M. Claretie, membre de riiistitut ; à de nombreux Députés et Sénateurs ; à TArmée, à la Magistrature, etc., etc., etc.

C'est avec joie que nous reçûmes alors des ^réponses favorables de presque tout le

monde ; quelques lettres d'excuses, de personnes qui ne purent assister à cette cérémonie, exprimaient toutes les vifs regrets de leurs auteurs de ne pouvoir être présents.

Le 21 juin, le Secrétaire perpétuel de l'Académie des Beaux-Arts, M. le comte Henri Delaborde, écrivait à M. le Président du Comité la lettre suivante que nous reproduisons, car elle venait donner à notre fête une consécration officielle qui la transformait en un véritable événement artistique :

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