‹ Autour de la statue de Jean HoudonChapitre 4 sur 24 · LA SOUSCRIPTION · texte numérisé non relu

LA SOUSCRIPTION

Le projet de MM. Tony Noël et Favier accepté, il s'agissait de passer aux moyens d^exécution.

L'Association artistique et littéraire, par l'organe de son président M. Alphonse Bertrand, fit parvenir à M. Edouard Lefebvre, maire de Versailles, la lettre citée plus haut, dans laquelle elle demandait à la ville de s'inscrire en tête de la souscription.

Le Conseil municipal, sous l'inspiration du Maire, de MM. Lenoir, Védrine et Guétonny adjoints, et entraîné par la parole persuasive de plusieurs de ses membres, au nombre desquels il convient de citer MM. A. Leroy, le colonel Meinadier, Truffaut et Paul Laffltte dont le concours dévoué fat si utile au Comité, vota, après une courte délibération à la presque itnanimité la somme de dix mille francs comme participation.

Il faut en convenir, l'Association ne s'at-

tendait pas à voir tomber dans sa caisse une aussi forte somme ; ses membres réunis le 3 décembre 1889 à THotel des Réservoirs, en séance ordinaire, à l'heure même où le Conseil municipal statuait par son vote sur sa participation à l'œuvre entreprise, attendaient cette décision non sans quelque anxiété. Tout à coup la porte s'ouvre. M. Moussoir, un des membres de l'Association, entre et, la figure souriante, il dit : « Mes cliers camarades, le Conseil municipal a voté dix mille francs. »

Les bravos éclatèrent unanimes et séance tenante on rédigea une lettre (1) de remerciements à M. le Maire de Versailles. Dès ce jour, le succès de l'érection de la statue ne fut plus douteux.

L'Association forma immédiatement un Comité (2) qui prit le nom de Comité pour r érection de la stattie Jean Hondon.

Ce Comité se réunit pour la première fois le 4 décembre, et rédigea l'appel suivant :

c( Aux Versaillais, )) Jean Houdon, un des plus grands sculpteurs du xvm^ siècle, le maître de la

(1) Voir aux pièces justificatives.

(2) Voir aux pièces justificatives.

sculpture contemporaine, attend encore sa statue à Versailles, où il est né. Ses plus illustres élèves, Rude, David d'Angers, ont obtenu cet honneur dans leurs cités natales, et le chef de TEcole semble rester ignoré de ses concitoyens. Il est temps de réparer cette injustice et cet oubli.

» A la fin du xix® siècle, alors que la sculpture en France jette son plus vif éclat, le moment est venu de rendre un solennel hommage à celui qui a contribué plus que tout autre à ce progrès artistique de notre pays, en lui consacrant un monument digne de lui, qui puisse rappeler aux générations à venir, et sa gloire éclatante, et notre reconnaissance.

» Une souscription publique est dès ce jour ouverte pour élever une statue à Jean Houdon.

)) Tous les habitants de Versailles auront à cœur de contribuer, dans la mesure, de leurs forces, à une œuvre essentiellement grande, utile et qui s'impose.

» Ils le doivent à eux-mêmes, ils le doivent à la ville et à la France.

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