‹ Autour de la statue de Jean HoudonChapitre 5 sur 24 · LE COMITÉ · texte numérisé non relu

LE COMITÉ

Cet appel fut entendu; des listes furent remises aux membres du Comité et les sommes recueillies, centralisées à laMairie, au bureau de M. Tiercelin, receveur municipal, chargé de les remettre entre les mains de M. le Trésorier payeur général, désigné à cet effet par décision du Ministre des Finances.

Des appels furent adressés à S. M. le Gzar de Russie, qui possède au musée de l'Ermitage la Diane de Houdon, par l'entremise de M. de Laboulaye, ambassadeur de France à Saint-Pétersbourg ; aux difTérentes personnes qui, par leur goût des arts et leurs hautes situations, sont susceptibles de souscrire ; à Técole des Beaux- Arts ; à M. Larroumet , directeur des Beaux-Arts, afin d'obtenir de TEtat le marbre dans lequel doit être sculptée la statue.

L'Etat accepta de donner le marbre, S. M. le Czar fît parvenir au Comité par l'intermédiaire de l'ambassade de Russie à Paris (Ij une somme do mille francs, et l'on peut voir, aux pièces justificatives à la liste complète des souscriptions, que nombre

(l) Voir aux pièces justificatives la liste de souscription.

de personnes étrangères à la ville de Versailles n'hésitèrent pas à envoyer des sommes d'argent souvent considérables.

Le succès s'accentuait donc chaque jour; le Comité cependant pensa qu'il ne devait pas s'en tenir encore là.

Il fallait avant tout intéresser à la mémoire de Houdon toutes les classes de la société. Il chargea Tun de ses membres M. Dubief de préparer une conférence.

Il pensa aussi à associer la Comédie Française à son projet ; le bureau du Comité fut alors chargé de se mettre en rapport avec M. Jules Claretie, administrateur général de la Comédie Française.

Ces deux projets purent être réalisés.

La conférence préparée par M. Dubief eut lieu, au mois de février 1890, à la galerie municipale. Le succès en fut très grand; non seulement la causerie du rédacteur en chef du Journal de Versailles, admirablement préparée, rappela l'importance de l'œuvre de Houdon à nombre de personnes qui ne le connaissaient guère, mais aussi elle intéressa par les reproductions sur verre qui faisaient passer sous les yeux de Tauditoire, au fur et à mesure du récit de M. Dubief, les œuvres du maître.

Notre concitoyen, M. Firmin Javel, — le fin critique d'art, directeur de la Revue des Musées, — n'hésita pas, après cette conférence, à publier un numéro spécial consacré à Jean Houdon. Ce numéro, qui parut le 15 juillet 1890, reproduisait en partie la conférence de M. Dubief, accompagnée de photo-gravures représentant le Voltaire assis, le Buste de Molière, le Morphée, la Diane et le Buste de Napoléon

Ce numéro illustré de la Revue devint l'un des moyens de propagande du Comité.

Après la conférence de M. Dubief, le Comité se mit immédiatement en relation avec M. Jules Claretie. Avec une bonne grâce et une chaleureuse et persistante sympathie, auxquelles on ne saurait trop hautement rendre hommage, M. Claretie fit part de la demande du Comité aux sociétaires de la Comédie, qui acceptèrent avec enthousiasme l'idée de venir donner à Versailles une représentation extraordinaire au bénéfice de la statue de Jean Houdon.

Aussi, le 10 juin 1890, M. A. Bertrand avait-il la satisfaction d'annoncer à ses collègues que, le lundi 23 juin, la Comédie

Française viendrait rendre un solennel hommage au sculpteur Jean Houdon. La pièce choisie était l'un des chefs-d'œuvre de Victor Hugo : Ruy-Blas, avec l'interprétation suivante :

Ruy-Blas

Don César de Bazan

Un laquais

Don Guritan

Cavadenga

Le Marquis de Basto . . .

Camporeal

Montazgo

Un alcade

Ubilla

Santa-Cruz

Priego

Manuel Arias

Don Salluste

La Reine

La camerera Mayor

Une duègne

Casilda \ ,

Un page

MM. Mou:net-Sully.

Baillet.

Truffier.

Martel.

Page 1