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of Napoléon at St Helena. Connue (locuiiients dont il pût se servir, il avait, peut-être, pour les premiers temps, quelques notes, mais surtout il avait \& Mémorial de Las Cases et le journal d'O'Meara De papiers qui lui fussent personnels et qui pussent le g-uider ensuite, vraisemblablement aucun. Il xvv pouvait même pas recourir aux souvenirs de sa femme. — Cela pour de. bonnes raisons que je donnerai quelque jour.
Il se réduisit donc à un récit fort bref où nulle date presque n'est alléguée ^ ; puis, sans ordre et au hasard, il versa les dictées de l'Empereur, certaines déjà publiées, d'autres inédites, mais restées à l'état de brouillons. A court de texte pour remplir les quatre volumes, il y mit tout ce qu'il avait en mains et même ce qu'il n'avait pas. car que vient faire le récit de la translation des cendres à laquelle il n'a ni assisté ni participé puisqu'à ce moment il était prisonnier à Ham.
' Tome 1er. — I. L'Elysée Bourbon. IL Malmaison. III Rochefort. IV. Le Bellérophon. V. Le Northumberland. VI. Sainte - Hélène. VIL Longwood. VIII. Sir Hudson Lowe. IX. Traité du 2 août 1815. X. Torts de Sir Hudson Lowe. XL Sir Pulteney Malcolm et les Commissaires. XII. L'argenterie de l'Empereur. XIII. Enlèvement du comte de Las Cases (jusqu'ici les sources ne manquent pas, puisqu'il y a O'Méara et le Mémot'ial). — Tome II. XIX. Détails sur la vie privée de Napoléon à Sainte - Hélène. XX. Lord Amlierst. — Tome III. I. Enlèvement du Dr O'Méara. III. Nouveaux désagréments avec Hudson Lowe. IV. Souvenirs. V. Maladie croissante de l'Empereur. VI. Le testament de l'Empereur. VII. La mort de l'Empereur. Conclusion. — Mêm e dans ces chapitres, des dictées sont intercalées. Comme on voit, à
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Dans Fédition française, en même temps qu'il supprimait la plupart des dictées et que, pour des raisons d'ordre divers il brodait largement son lécit, qu'il y introduisait entre autres, l'apocryphe \ enture de la mission Gourgaud, dont je rends un certain compte plus loin, il s'avisait d'intercaler, à des dates précises les dictées qu'il conservait et quelques autres qu'il ajoutait et qui sont pour le moins, suspectes. Or, ces dates sont démenties, en certains cas, par le texte.même, ou l'ont été depuis par la publication des lettres du comte et de la comtesse de Montholon.
Dans ces conditions, quel crédit accorder aux Récits de la Captivité ? Le même qu'aux mémoires d'Antommarchi. Aucun.
Mais restent les Lettres : celles-là valent. Elles montrent assez de quoi est fait le dévouement dont se targue Montholon. Tout le monde veut partir, lui comme Bertrand, comme M"'® Bertrand. Certes on, les comprend. D'autres ont moins résisté. Las Cases a voulu partir ; Gourgaud a voulu partir, M/"® de Montholon a voulu partir. Ces gens ont leurs affaires; ils ont l'ennui; ils ont le climat qui déprime les uns, affole les autres, qui remue, en ces Européens, l'excès des jalousies, des rivalités, des
partir du moment où manquent Las Cases et O'Méara. Montholon. pour les années 1818 fin, 1819, 1820 et 1821, n'a trouvé matière qu a cinq petits chapitres dont les pièces officielles remplissent la plus grande partie.
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passions coloniales. Sans cet élément de fièvre coloniale, tout reste incompréhensible ; avec cet élément, tout devient lucide. On s'invective, on se provoque, on se malmène, on se bat, on voudrait s'assassiner, (y a^i colonial. Hudson Low^e et ses frénésies, Balmain et ses amours, Gourgaud et ses folies de jalousie, de tendresse filiale et de désir sexuel, coloniaux. Une déformation s'exerce sur les êtres qui, de normaux en Europe, deviennent anormaux sous Téquateur, n'ont plus ni les mêmes passions, ni les mêmes sentiments, ni les mêmes idées. Il faudrait la Relève. Il faudrait à ce Service d'Honneur — certes oui d'honneur, mais celui-là de dévouement et de péril ! — un personnel de remplacement.
Et ce personnel se dérobe. Nul ne veut entendre parler de Sainte-Hélëne. M""^ de Montholon bat le rappel, nul ne se présente. Pressenti, nuln'acceptt La vanité n'y trouve point son compte, ni l'intérêt ; quant à la reconnaissance, il n'en faut pas parler. Apres deux ans de recherche vaine, on n'a trouvé qu'un petit capitaine sans nom : Planât, et on l'empêche de partir.
Oui, il faudrait la Relè y e, mais Lui on ne le relèvera pas ! La mort seule ! Comme elle est lente ! Gomme elle tarde ! Il sent bien comme il pèse à tous' et quel supplice c'est pour ceux qui l'entourent d'être ou de paraître dévoués. Il sent bien, qu'encore un peu
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de temps, et lui, TEmpereur ! lui qui a eu cette Cour, cette France, cette Europe, il ne trouvera, pour Tassister à l'heure suprême, que des serviteurs mercenaires, un prêtre imbécile, un médecin ignare, des gens qu'il paie. Et son orgueil en souffre plus encore que son cœur ! 11 a trop vu d'humanité pour avoir sur elle de grandes illusions, mais, enfin, de ces hommes dont il a fait le nom, la fortune, l'illustration, qu'il ne s'en trouve pas un — pas un ! — qui, pour quelques années, quelques mois peut-être, consente à s'expatrier, qui échange cet ennui d'un voyage et d'un séjour contre ce qu'il donnera, lui qui va mourir : l'Immortalité !
Et, dans l'angoisse des jours alternativement pluvieux et torrides, reclus en cette misérable cabane dont les rats trouent le parquet pourri et les murs en délabre, vêtu de ses vieux habits de chasse rapetassés, retournés, avec la place plus foncée des galons décousus tranchant sur le vert passé, chaussé de souliers de paysan anglais qui blessent ses pieds, lui, remâche sans cesse son empire détruit : Pourquoi ceci et non pas cela? Pourquoi Blucher arrivant, et non Grouchy ? Pourquoi? Et le coup de canif du cancer qui se forme, et la rancœur de l'hépatite qui s'accroît, et la souffrance que rien ne soulage, que nul ne plaint; mais il ne veut point être plaint. Sortir de cette cabane, se montrer aux agents des Anglais, c'est