PIÈCE N^ XX
COMMUNICATIONS REÇUES DU GÉNÉRAL GOURGAUD APRÈS SON DÉPART DE LONGWOOD \
EXTRAITS DES Récîts de la captivité
13 février. — Gourgaiid nous a quittés aujourd'hui. Il a été conduit à Plantation par le lieutenant Jackson que le gouverneur a désigné pour lui servir de garde jusqu'à son embarquement.
20 février. — Le comte Balmain nous a donné aujourdhui des nouvelles de Gourgaud ; il est logé à Bavle-Cottage, avec M. Jackson, qui ne le quitte ni jour ni nuit ; mais il voit journellement les commissaires comme société. Il a demandé O'Méara comme médecin, mais ne l'a pas encore obtenu.
29 février. — Cipriani est mort cette nuit: le grand maréchal et moi avons accompagné ce matin ses dépouilles mortelles au cimetière de Plantation House. Le gouverneur a refusé à Gourgaud de se joindre à nous-.
moins où, sur les communications de Gourgaud, O'Méara fut enlevé de Longwood?
Il y a là toute une série d'improbabilités qui vicient radicalement un document, dont le premier et capital défaut est de ne présenter aucune utilité et d'être totalement oiseux.
^ Récils, II, 260. Les éditeurs du Journal qui ont adopté la fable de la mission et qui y ont donné pour base le document cité plus haut, trouvé, disent-ils, dans les papiers du général Gourgaud, n'ont point fait état des Inslructions dictées par VEm' pereur à Montholon au sujet de la prétendue mission près de Tempereur de Russie : par contre, ils se sont prévalus (préface, t. I, p. 15, note 2), des extraits des Récits de la Captivité que nous donnons ici. 11 est à remarquer qu'aucune de ces allégations — à l'exception de celle qui viserait une communication reçue vers août 1820 (IL 419), — ne figure dans Tédition anglaise.
- Récits, II, 260. Cf. Journal, II, 477 en contradiction absolue avec Montholon.
4 mars. — Goiirgaud est venu jusqu'à Deadwood avec le lieutenant Jackson, mais nous n'avons pu lui parler, quoiqu'il ait fait comprendre par signes quil avait quelque chose dimpOrtant à nous dire \
) mars. — Le gouverneur a enfin cédé pour la permission qu'O'Méara voie Gourgaud. L'f^mpereur s'en est réjoui ; mais, l'humeur remplaça la joie quand, au retour d'O'Méara, il apprit que le lieutenant Jackson ne les avait pas laissés seuls un instant-.
' mars. — Miss Schrewburv {sic) nous apporte une lettre ie Gourgaud pour l'Empereur. C'est le compte rendu de ses conversations avec le comte de Balmain et le baron Stiirmer. [1 va partir directement pour l'Angleterre-^.
il mars. — Lettre de Gourgaud à Bertrand par l'entremise du gouverneur. 11 lui demande de venir le voir. Ber-
* Béciis, II, 2G3. Cf. Journal, H, 478. « Le gouverneur lui fjermet (à Jackson) de m'accompagner à Deadwood pour dessinei-, de là, Longwood. »
* Récits, II, 263. Cf. Journal, II, 479. « 7 mars. J'écris à O'Méara pour le prier de venir me voir...» « Dimanche, 8 mars. \. deux heures, arrive O'Méara...» Ainsi, deux jours avant que Sourgaud eût vu O'Méara, l'Empereur était instruit de sa conerence avec lui. Ce que Gourgaud voulait dire à O'Méara, c'était Tailleurs ce qu'il dit à Jackson (V. ci-dessus. Pièce V, E, rapport lu lieutenant Jackson,, Annexe 2).
^Récits. II. 263. Le nom de miss Schrewbury — de quelque 'açon qu'on écrive ce nom si peu anglais, Shrewsbury à la bonne leure, c'est le titre des Talbot — ne se trouve ni dans le Journal le Gourgaud, ni dans celui d'O'Méara, ni dans le Mémorial de
s Cases, ni nulle part ailleurs dans les Récits de la Captivité. Salmain, Sturmer. Montchenu, Hudson Lowe, Henry, Jackson 'ignorent. Miss Schrewbury porte une lettre de Gourgaud pour 'Empereur, puis elle rentre dans le néant. On comprend qu'elle lit été foudroyée, cette personne qui aurait redit à Napoléon les confidences faites par Gourgaud à Stiirmer et à Balmain — compris celles sur M^e de Montholon.
290 AUTOUR DE SAIiNTE-HELEN E
trand s'y refuse, si le gouverneur exige que ce soit en présence d'un officier anglais^.
12 mars. — Le gouverneur exige de Gourgaud son oiv^agement écrit et d'honneur qu'il n'est chargé de publier aucune accusation contre lui ou contre son gouvernement -.
Fritz, le domestique de Gourgaud, a réussi à nous apporter des lettres cette nuit ; mais, en rentrant chez son maître, il a été arrêté et l'on a fouillé tous les effets, malles, etc., de Gourgaud ^.
28 décembre. — Dès son arrivée à Londres, le général Gourgaud avait écrit au grand maréchal une lettre dan grand intérêt politique et, peu après, il nous donna un nouveau témoignage de ses efforts par la lettre suivante qu'il écrivit à l'impératrice Marie-Louise et dont il nous fit passer la copie. Ces deux lettres nous sont parvenues dans le courant de décembre, elles donnèrent à TEmpereur quelques moments d'une détente morale dont il avait bien grand besoin.
(Suit le texte de la lettre à Marie-Louise en date du 25 août 1818*.)
* Récits, II, 263. Voir ci-dessus, Pièce V. E Lettre de Gourgaud à Bertrand, Annexe 1 et rapport de Jackson annexe 2.
* Récits, II, p. 263. Cf. Journal II, 480 et 481.
» Récits, II, 264. Cf. Journal, H, 481. « Mon domestique se soûle en ville et on saisit sa malle pour savoir comment il a gagné les 200 £ qu'elle contient. »
* Récits, II, p. 317. Montholon étant, pour cette partie de la captivité, l'unique témoin du côté français dont les souvenirs aient été publiés, on ne saurait ni contrôler, ni contester ses dires. Le journal tenu par le général Gourgaud démontrerait seul s'il a écrit au grand maréchal dès son arrivée à Londres. On a vu ce qu'il fallait penser de la lettre à Marie-Louise écrite trois mois après que les confidences du général Gourgaud avaient produit leur effet. Gela n'empêche point les éditeurs du Journal d'écrire : « Faut il ajouter que celui-ci (Gourgaud), dès son débarquement en Angleterre [S mai), n'eut rien de plus pressé que dt»
LE CAS GOUllGAUD. — PJÈCE XX 291
Vers août 1820 '■. — Voir au texte, page 67.
7 avriliS2i*. — L'Empereur sest fait apporter par le grand naréchal un testament qu'il avait fait depuis longtemps et [U il lui avait confié. Il l'a fait brûler devant lui. Voici la lote au crayon que j'ai trouvée dans les papiers de lEmpeeur et que j'ai lieu de croire se rapporter à ce testament.
Edition anglaise, III, 170. Édition française, II, o04.