PIECE N^ XIX
INSTRUCTION DE NAPOLÉON POUR GOURGÂUD AU .MOMENT DE SON DÉPART DE SAINTE-HÉLÈNE '
Aussitôt qu'il sera arrivé en Europe, il écrira cinq ou six lettres à sept ou huit jours à Joseph à Philadelphie, sonsl'adresse de M.:.-, négociant, et à M. Nego ou Noyon. Ilalter-
Journal. Appendice pièce 22, H, 531.
nera ces lettres, il lui dira la position vraie où nous sommes, .sans charger dans un sens ou un autre. 11 lui enverra copie de toutes les pièces, soit déclarations, soit lettres de M... et dira qu'il est important qu'on soit informé dans les jom*naux américains comme on est. Sil prévoit son séjour au €ap long et qu'il soit libre, il écrira au cardinal Fesch, sous le couvert du duc de Torlonia, banquier à Rome. Il lui écrira également à son arrivée en Europe : il serait bon qu'il écrive à Lucien, à Rome, à l'Impératrice duchesse de Parme. S'il débarque en Italie, il fera bien d'aller de suite à Rome, où Fesch et Lucien lui donneront des conseils pour qu'il se rende près la famille de Sa Majesté. Il pourrait être porteur d'une petite lettre relative à M*"*^ Gu. Bertrand pourrait écrire deux mots à Eugène relativement ti nos intérêts. Ces petits billets peuvent être placés dans des semelles de chaussures.il les mettrait en mains propres. Du Cap, il pourrait écrire à Eugène et à Fesch et demander qu'on envoyé des livres des derniers temps. Il prendra de mes cheveux qu'il portera à l'Impératrice K
' 1° L'Empereur n'avait aucun besoin de donner à Gourgaud, pour écrire à Joseph, des adresses qui n'ont aucune précision et qui ne visent que' des êtres imaginaires.
îi» Il résulte de la lettre de Joseph au cardinal Fesch en date du 18 juillet 1818, de la lettre du même à l'Empereur en date du 9 mai 1820 que toutes les communications qui lui sont venues de Sainte-Hélène ont passé par Rousseau et Archambault qui l'ont rejoint en juin 1817, par Balcombe.par Las Cases et par O'Méara. Si donc Gourgaud a reçu une mission, il ne l'a point remphe. Mais la Lettre de Bertrand adressée à Joseph le lo mars 1818 — soit le lendemain du départ de Gourgaud — {Mém. du Roi Joseph, X, 2ol) prouve quïl n'eut point de mission près de Joseph.
3» Jamais l'Empereur n'a dit Fesch en parlant du cardinal Fesch. Jamais il n'a omis de donner leurs titres aux princes de sa famille. Comment Teût-il fait dans un tel document i
4» Comment l'Empereur eût-il imaginé que Gourgaud venant du Cap, pût débarquer en Italie i
5«> De quelle utilité pouvait être cette correspondance par les semelles de souliers avec Eugène, lorsque l'Empereur faisait passer à Eugène tous les ordres qu'il voulait — et on- en a la preuve certaine, en ce qui touchfi Gourgaud, par l'ordre de lui faire toucher une pension de 12000 francs — et cela jusqu'au moment au