TROISIEME PARTIE L'ÉPÉEDE CÉSAR BORGIA
Ses origines. — Elle vient aux mains de l'abbé Galiani. — Son enquête sur César. — Ses projets d'écrire une monographie. -Travail de M. Adcmollo relatif à Galiani. — Comment l'arme passe des mains de Galiani à celles des ducs de Sermoneta. — Description de l'épéc. — Les emblèmes. — Leur interprétation. — Le Fourreau de l'épée. — Le Graveur. — Sa personnalité. — Son caractère. — Interprétation des gravures. — Les Gaetani et les Borgia. — Preuve de l'attribution de l'arme. — Traits caractéristiques du maître. — Essai de catalogue. — Armes du même maître dans les diverses collections d'Europe (Paris, Londres, Vienne, Pesth, Berlin, Italie, Russie). — Dessins du maître à Berlin. — Hercule de Fidcli, orfèvre du duc de Ferrare. — Son état civil. — Conclusion. — Documents qui nous révèlent la personnalité de l'artiste 141 à iocf
Table du Placement des 18 planches hors texte avec indicationdes pagcsdonnant leur explication. zi i a 312
Table des Illustrations qui se trouvent dans le texte 21'i k ai3
Table alphabétique 217 à 220
Frise dans le Palais de Ferrare.
Les Monuments des Borgia. — Les Tombeaux. — Investigations. — Viana. — La Mota de Mcdina dcl Campo. — Excursion à Spoleto. — Sinigallia, Théâtre du Bellissimo Jngaimo. — Pesaro. — Rimini. — Cesena. — Faënza. — Forli, — Imola. — Premier portrait authentique de César. — Ferrare. — Bologne.
Après avoir, dans des études dont on n'a peut-être point perdu le souvenir, établi nettement les origines des Borgia, depuis le premier d'entre eux jusqu'au dernier de la race, nous nous sommes attaché à rechercher tous les monuments qui pouvaient rappeler le nom des trois grandes personnalités historiques de la famille, Alexandre VI, César et Lucrèce. Plus ces monuments sont rares, plus ils sont précieux; la vue de ceux qui ont été épargnés par le temps ou la rage des hommes donnera peut-être un peu plus de relief à nos récits.
Nous avons suivi lesBorja — c'est leur nom d'origine avant que le doux parler d'Italie en ait adouci la consonnance — depuis Jativa, la petite ville maure de la province de \'alence qui fut leur berceau, jusqu'au Vatican où deux d'entre eux, Calixtc III et Alexandre VI, ont ceint la tiare. Nous les avons cherches à Spoleto dont Lucrèce fut gouverneur pour le pontife son père; à Pesaro, où elle suivit son premier époux, le seigneur Giovanni Sforza; à Ferrare, où elle vint s'asseoir sur le trône des princes de la Maison d'Kste; à Sinigallia, que César a ensanglantéçà Piombino, à F^orli, à Faënza, ù Imohi. n Cesena. à Rimini, dans chacune des cités
des Romagnes où le Valcntinois a combattu ou régné; dans la Castille, à La Mota de Médina del Campo, qui fut sa prison; dans la Navarre, à Pampelune, puis à Mendavia, sur le champ de bataille où le fils d'Alexandre tomba percé de coups de lances dans une obscure embuscade; enfin, jusque dans le chœur de l'église de Viana, où son beau-frère, le roi Jean de Navarre, déposa ses restes dans un sépulcre de marbre.
Malgré tant d'efforts, nous n'avons su trouver ni les berceaux ni les tombes.
Prison de César Borgia en Espagne (La Mota de Médina del Campo).
Il est possible que les restes d'Alexandre VI reposent sous quelque pierre anonyme dans les cryptes du Vatican; mais les custodes de Saint-Pierre passent le nom des Borgia quand ils énumèrent les pontifes dont ils montrent les sépulcres; et l'effroyable récit de l'abandon dans lequel on laissa le cadavre du pontife le jour même de ses funérailles, autorise toutes les suppositions. Aux caveaux de San Francesco, à Ferrare, où reposent les restes des ducs d'Esté, pas un nom, pas un écusson, pas un signe ne désigne au voyageur ou à l'historien anxieux de trouver la tombe de ses héros, celle de Lucrèce Borgia; comme si les ducs de
AIJTCMK DES BORGIA. 5
Ferrarc, après sa mort, avaient eu honte davoir tait alliance avec 1 Kspagnol qui avait mis la main sur le Vatican et disposé de rKglisc romaine, 3e ses domaines, de ses privilèges et de la curie tout entière comme d'un patrimoine de famille qu'il partageait avec tous ceux de sa race. Quant aux cendres de César, leur destinée est plus dramatique; il était mort en i5o7,et le roi Don Juan de Navarre