AVANT-PROPOS
En 1907, au nom du Mercure de France, M. Frédéric Charpin lançail aux divers points de l'horizon cette inquiète question :
« Assistons-nous à une dissolution ou à une évolution de l’idée religieuse et du sentiment religieux ? »
Il nous fit l'honneur de nous interroger.
Je ne crois pas, lui écrivions-nous, que l’idée religieuse soit en dissolution. Les « libres-penseurs » — je les suppose généreux — s’acharneraient-ils ainsi sur une morte ?
Longtemps on l’a reléguée dans les sacristies : dès qu’elle en sortait, dès qu'elle aspirait à un rôle social, on la taxait de cléricalisme. Aujourd'hui, sans crainte dese contredire, on reproche à ses adeptes de trop se soucier du ciel et d’être indifférents au progrès humain. Le reproche a réveillé les énergies de l’idée religieuse : elle devient plus conquérante, plus exigeante, plus ambitieuse, plus entranle, plus empressée de se