‹ Autour du Catholicism socialChapitre 3 sur 106 · VIII AVANT-PROPOS · texte numérisé non relu

VIII AVANT-PROPOS

manifester comme une maîtresse de morale sociale. L'individu qui la porte en soi est désormais aussi pressé de réaliser dans la vie sociale les conséquences sociales de son credo que de propager ce credo lui-même : c'est par des services sociaux que l’apostolat religieux s’inaugure; c'est comme un lien de fraternité humaine en même temps que de filiation divine que la religion se propose. Au moment où les questions sociales nous captivent, cette attitude de l'idée religieuse n'est pas une posture d’agonie.

Que le sentiment religieux évolue, cela va de soi, puisqu'il n'y a pas d’acte religieux sans que nous y mettions quelque chose de nous-mêmes, et puisque nous ne ressemblons pas aux aïeux. Jadis le sentiment religieux naissait surtout en présence du mystère de la nature ; nous sommes plus inquiets, aujourd’hui, du mystère que nous sommes à nous-mêmes. Les hommes d'autrefois étaient, je crois, plus accessibles que ceux de notre époque au langage des cieux leur racontant la gloire de Dieu (cœlt enarran) ; aujourd'hui ce sont les profondeurs mêmes de nos âmes, plus encore que les voûtes du ciel, qui nous paraissent postuler Dieu. Il me semble, dès lors, que le sentiment religieux, suscité par une obsession toujours plus pressante et toujours plus personnelle du mystère humain, implore de plus en plus une satisfaction précise :

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