Jeanne d'Arc. Paris, Hachette
d'autre part, des effluves de surnaturel, non moins réels, non moins historiques, que les impulsions spontanées des âmes; livre dans lequel une érudite curiosité nous prodigue l'enchantement de ses découvertes; et, cependant, livre assez profond, assez noblement humble, pour nous donner moins de réponses qu'il ne suscite de questions, et pour nous laisser souvent entrevoir que certains procédés humains de connaissance, s'appliquant à certamnssujets, risquent de les rapetisser et de les mutiler. C’est une œuvre solide, et c'est une œuvre inquiète : originale, tout ensemble, par la nouveauté durable de certaines affirmations et par la savante modestie de certains points de suspension.
I n’est pas nécessaire, lisons-nous dans la Préface, que les êtres qui traduisent ici-basles hautes directions de l'Étre soient des individualités passives et pour ainsi dire amorphes. Leur grandeurne saurait diminuer la grandeur infinie dont ils sont les instruments. Le siècle, le temps,le pays, sont les excitateurs indispensables de l'extraordinaire apparition de Jeanne. Son époque entière la souleva, pour ainsi dire, et la présenta à la décision qui la choisit f.
On ne saurait mieux dire ; quelque empreinte qu’ait mise sur la personnalité de Jeanne le miracle de sa vocation, cette personnalité demeure en quelque mesure l'expression de son temps. Il y a des hagiographes qui dépaysent leurs héroïnes; ils les font évoluer en compagnie d’abstractions qui sont des