‹ Autour du catholicisme social (volume 2)Chapitre 14 sur 99 · Gide, Solidarité et charité^ p · texte numérisé non relu

Gide, Solidarité et charité^ p

2. Voir à ce sujet Paul Gaultier, La crise de la charité, Revue BlenCf 22 juillet 1905, p. 126.

3. Paul Bourget, Discours sur les prix de vertu (Académie Française, 29 novembre 1906). — Cf. ces lignes de l'original penseur qui signe Jean Lahor : « La morale scientifique présentera quelques nouveautés ; en voici une par exemple : le dogme de la solidarité exigera de malades qui risqueraient de transmettre une tare ou une maladie grave, de s'abstenir du mariage. .Mais cette religion de la solidarité ne suffira pas toujours : il faudra, pour adoucir les tristesses, les souffrances de ces malheureux, ainsi condamnés par elle, beaucoup de sympathie, de pitié, c'est-à-dire ce que l'on appelait autrefois amour ou charité. » Jean Lahor, Le bréviaire d'un panthéiste et le pessimisme /lëroïqfuc, p.175'176. (Paris, Fischbacher,1906. )

20 SOLIDARISME ET CHRISTIANISME

conseiller. Ce qu'il y a de plus haut et de plus beau dans les œuvres de l'amour humain échappe à la juridiction de la philosophie solidariste. Elle confesse elle-même, par là, que sa portée est singulièrement inférieure à celle du christianisme ; et c'est merveille de voir le christianisme s'assurer la victoire en se montrant tout à la fois plus tendre et plus impérieux que le solidarisme : plus tendre, puisque au lieu de nous inviter à rembourser des créanciers, il nous ordonne d'aimer des frères; plus impérieux, puisque au lieu de parler au nom d'un droit humain qui parfois semble douter de lui-môme, il parle au nom d'un droit divin, serein dans ses commandements, patient dans son attente, imprescriptible dans sa réalisation.

ORIGINALITÉ HISTORIQUE DE l'iDÉE CHRÉTIENNE

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