Henri Perreyvfe, Sermons, p. 455. (Paris, Dounibl
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haut de la chaire, Pabbé Perreyve prononça ; déjà sa voix était guettée par la mort, grande maîtresse de silence. Mais lorsqu'on a donné des enseignements de vie, la mort ne les assourdit ni ne les étouffe ; et le bilan de l'exposition de 1900 prouva que les exigences et les sommations de l'abbé Perreyve n'étaient point demeurées incomprises de tous les catholiques venus après lui.
« Laïcisation I » ce mot a retenti, à travers le XIX» siècIe,comme un incoercible écho de la Révolution française. Et Ton entendit parlà,d'abord,rattribution à l'Etat — considéré comme un représentant adéquat de tous les Français — d'un certain nombre de services et de fonctions dont était chargé jadis l'établissement religieux. Puis on fit un pas de plus, et Ton mit en disgrâce,au nom de la « laïcisation », les citoyens ou les groupements qui subissaient ou représentaient certaines influences confessionnelles; leur concours à la vie publique fut suspecté ou répudié, en raison môme de leur personnalité reb'gieuse et de la fidélité qu'ils gardaient à la foi traditionnelle ; leurs bons offices furent surveillés ou repoussés; l'Etat moderne, théoriquement extérieur à toute croyance, eut la prétention d'agir sur la conscience de ses commis à la façon d'une machine pneumatique, et d'y faire le vide. En fait et dans la pratique, cette conception abstraite de l'État était si malaisément applicable que l'idée de « laïcisation » atteignit bientôt une nouvelle étape ; une sorte de confession antireligieuse, ayant sa philosophie, sa liturgie, ses arcanes, et je ne sais quel cafactèré ésôtériquë, se dressa ^ns cet État qui se
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targuait d'être laïque, et Von vit les fidèles de ceMz^U confession nouvelle déclarer en toutes lettres : l'Et^si^, c'est nous.
Lorsque, au temps de la Restauration, le verbe ^JQ peu solennel des doctrinaires se mettait au servie?© de l'idée de laïcisation, cette idée se présenta/^ comme un corollaire pratique de certaines maximes de tolérance, et comme un moyen pour que Voltaire dormît content ; d'ironiques vicissitudes ont voulu qu'elle devînt, par la suite, non seulement le paravent, mais le prétexte môme de l'intolérance, et qu'elle ramenât en son cortège, en un subit détour du xix^ siècle, une contrefaçon de l'ancienne religion d'État. La « laïcisation » était ainsi violée au moment même où elle affectait les allures les plus triomphantes ; elle faisait place au règne d'une contre-Eglise qui prenait des airs d'Église. Le xix« siè- , cle finissant a vu la faillite effective de la vieille idée de r « Etat laïque » ; ce fut une de ces faillites où le syndic seul s'enrichit, et le Grand-Orient s'institua syndic.