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94 LE CATHOLICISME A l'eXPOSITION DE 1900

qu'il aménageait des geôles pour les âmes soumises, qu'entre ces geôles et le reste de la société civile de hautes murailles se dressaient, qu'elles interceptaient la lumière, arrêtaient les dévouements, dessinaient une sorte de ligne de partage des esprits et des cœurs, et que cette ligne de partage, toujours plus abrupte, séparait « deux Frances ». Or, sous les auspices officiels de la République, TExposition de 1900 a révélé à ses innombrables visiteurs les efforts du catholicisme pour élever l'intelligence populaire, pour améliorer le bien-être des masses, pour porter au dehors notre nom ; et cette révélation montrait à tous, en un raccourci propice, le catholicisme français se dépensant en bienfaits civiques pour le service de la nationfr ançaise tout entière '.

1. On est surpris de lire dans le Mouvement socialiste du 1*' novembre 1900, p. 551, une âpre doléance de M. Sorel contre les « distinctions accordées aux institutions du cléricalisme militant » par les jurys de 1900. M. Georges Sorel n'a pourtant rien d'un sectaire ; son livre sur la Crise de la, pensée catholique le prouve. Mais si nous ne nous trompons, et ai nous observons, par exemple, Tétranga ton de dénigrement avec lequel il parle d'un sociologue catholique comme M. Raoul Jay, Tun des défenseurs les plus compétents et les plus intelligents de rinterventionnisme d'État, il nous semble que ce que M. Sorel a le plus de mal à pardonner aux catholiques sociaux, ce sont leurs affinités avec ce € réformisme » socialiste que M. Sorel abhorre.

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