‹ Autour du catholicisme social (volume 2)Chapitre 47 sur 99 · Paris, Perrin, 2» édit · texte numérisé non relu

Paris, Perrin, 2» édit

2 Baboau, op, cit., p. 366-370.

véritable tissage : lorsque les gens de Saint-Victor demandaient à Dieu le pain de chaque jour, ils savaient que, grâce au pasteur, leur souhait serait exaucé. A Saint-Gilles, dans le pays de Caux, c'est par l'initiative du presbytère que des ateliers s'ouvraient, l'hiver durant, pour les populations inoccupées. Le curé de Colombe en Dauphiné introduisait dans son village l'industrie de la toile d'ortie et du tissage de la laine. Dans des pays plus reculés, où la production industrielle ne pouvait trouver aucun débouché, on voyait la chaire et le confessionnal transformer des maraudeurs en cultivateurs. Au Crest, en Auvergne, le curé faisait des avances aux paysans pour le défrichement du sol et pour acheter des outils et des bestiaux ; à Bardos, dans le pays de Labour, la môme voix sacerdotale qui rappelait aux paroissiens la nécessité de travailler à la sueur de leur front leur annonçait qu'avec l'appui de l'État deux mille arpents de terre inculte étaient désormais à la disposition des défricheurs ; à Auribeau, dans les Alpes, un vieux prêtre presque octogénaire dont on ne parlait que comme d'un patriarche organisait la récolte des fraises et leur vente sur le marché de Grasse, et les paysans qui jusque-là vivaient de rapine devenaient rapidement, suivant les termes d'un témoin oculaire, «bons, sages, frères et riches ». L'idée d'instituer des prix d'agriculture et des prix d'élevage séduisait le curé de Saint-Denis-sur-Sarthon, dans le Perche ; et il la réalisait. « Je connais plusieurs curés de campagne, écrit Mercier dans son livre : Mon bonnet de nuit^ qui, malgré l'extrême médiocrité de leur prébende, trouvent le moyen de faire infiniment plus de bien que des millionnaires même généreux : leur charité, industrieuse, fait créer mille ressources *. »

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