Congrès, p
2. Essai d*une philosophie de la, solidarité, p, dû» Paris, Alcan, 1902.)
SOLIDARISME ET CHRISTIANISME 19
semblables plus encore qu'il ne leur est dû ^ > ; il reste place pour les aventureuses et sublimes folies de la fraternelle charité, soucieuse, elle, de tous ces faibles, de tous ces infirmes, de tous ces incapables, êtres inutiles et inutilisables pour lesquels le solidarisme, tant qu'il ne dépasse pas le point de vue utilitaire, demeure aussi cruel que le sont les doctrines de la lutte pour la vie *.
Car « au nom de la solidarité, dit excellemment M. Paul Bourget, l'homme n'a droit auprès de ses semblables qu'à une part correspondante aux services qu'il leur a rendus. Que devient alors cet immense déchet que les civilisations les mieux ordonnées traînent derrière elles, de faibles, de malheureux, de coupables ? C'est ce déchet qui fait l'objet propre de la charité *. » L'auteur du Disciple aurait, en effet, beau jeu pour demander à la démocratie « laïque » si elle a le droit de faire bon marché de cet « immense déchet > sur lequel se courbait avec amour, depuis dix-neuf siècles, la vieille charité, si perfidement démodée ;et les aveux mêmes du solidarisme témoignent que cette doctrine ne peut expliquer la grandeur et la plénitude de certains dévouements sociaux, et n'a pas d'autorité pour les