DEUXIÈME PARTIE LES MÉTHODES D'ACTION
Pour la première fois en 1900, les catholiques de France, dûment organisés, ont pris officiellement part à une Exposition universelle. Ils avaient leurs appartements dans les sections d'enseignement, d'économie sociale, de bienfaisance ; ils avaieilt pignon sur rue, au Trocadéro, pour leurs missions, et pignon sur lac, à Vincennes, pour leurs œuvres. Comme il convenait en un pays où l'idée de « laïcité » se résume en une série de négations, l'Exposition s'était ouverte sans que Dieu fût mentionné; elle s'est close par la distribution d'un grand nombre de récompenses, dont les catholiques ont obtenu leur lot. La religion de la majorité des Français se fût réjouie, de concert d'ailleurs avec les minorités confessionnelles, que l'idée de Dieu, qui règne et qui sommeille dans la presque unanimité des consciences, et qui, presque nulle part, n'a formellement abdiqué, fût associée aux légitimes allégresses du génie humain : il paraît que la politique s'y opposait. Mais le bilan de l'Ex-
1. Ces pages, sous une forme plus sommaire, servirent .do . conclusion à la série de rapports publiés au sujet de l'Exposition desCEuvres catholiques, au courant de Tannée 1901, par MM. Cail, Fontaine do Resbecq, Hua, le R. P. Piolet, Savouré, Védiè. (Kn déjpôt à la librairie Poussielgué.)
78 LE CATHOLICISME A l'eXPOSITION DE 1900
position universelle a classé dans un rang d'élite les initiatives catholiques : Dieu, qui avait été éconduit de la porte d'honneur, est rentré, somptueusement, par la porte des concours. Sans doléances superflues contre les infidèles héritiers de la première République, qui reléguaient TÊtre suprême sous le boisseau, les catholiques, préférant à la protestation l'action, sont parvenus, par leurs propres efforts, à mettre Dieu — leur Dieu — sur le chandelier. Le suflfrage des jurys, constitués par le gouvernement delà République, a décerné aux œuvres ou institutions catholiques 295 récompenses, dont 15 grands prix et 57 médailles d'or : bel hommage rendu par la société civile, en toute équité et de fort bonne grâce, à ce Dieu môme qtd semblait condamné à l'incognito.
Voilà longtemps, déjà, que dans la chapelle de la Sorbonne, un prêtre déroulait sous les regards des catholiques de Tavenir un somptueux programme d'action. « Il faudrait, disait-il, — j'ose le prétendre, Messieurs, — que nous fussions à la tète de toutes les entreprises d'amélioration sociale ; que chacun de nous, parce qu'il est chrétien, fût sensible à l'excès sur tout ce qui se passe dans le monde à cet égard. Le chrétien est un homme auquel Jésus-Christ a ponfjé tous les hommes. Il faudrait qu'il n'y eût pas une invention, pas une découverte, pas une organisation nouvelle, pas unp association bienfaisante, pas un essai pour soulager une souffrance, pas une tentative, pas une machine destinée à alléger le travail humain, sans que nous fussions là, les premiers à les connaître, à les étudier, à les développer, à y donner du temps, de l'argent, des efforts, Tardeur, l'espérance, la vie, il faudrait cela, Messieurs. Là est notre devoir certain, notre devoir à tous '. »
Ce furent à peu près les dernières paroles que, du