Qu*on lise sur ce rapport le numéro de la Revue cathoti
Ainsi) dans Tanglicanisme môme, la renaissance catholique a fait son œuvre. La dévotion à la Vierge, l'intercession des saints, la foi au purgatoire, les prières pour les morts, la confession, la croyance à la présence objective du corps et du sang du Christ dans les espèces consacrées, sont propagées, dans la chrétienté anglicane, par renseignement et par la liturgie, par les images et par les pratiques dévotes ; et certains catéchismes en usage dans les paroisses High Church paraissent copiés sur les catéchismes romains. Newman, durant ses années de crise, avait tracé, par un effort d'intelligence, une sorte de via média qui permettait d'échapper à la fois au protestantisme et au catholicisme : « Contre le premier, nous dit M. Thureau-Dangin, il revendiquait le principe dogmatique et sacramentel ; du second, il repoussait ce qu'il appelait la corruption. » Un jour vint où Newman observa que cette via média si péniblement dessinée « n'existait que sur le papier », qu'elle était « connue, non positivement mais négativement, dans ses différences avec les symboles rivaux, non dans ses propriétés à elle », et qu'elle ne pouvait être décrite que « comme un tiers système qui n'était ni l'un ni l'autre, qui était partiellement tous les deux *. » Et Newman, impitoyable, analysant la via média, la voyait s'effacer devant lui ; elle ne pouvait orienter son âme ni môme la porter. Mais le High Church, depuis un demi-siècle, a-t-il fait autre chose que de s'engager, avec le moins de tâtonnements possible, dans cette via média délaissée par Newman ? Elle devient pour certains, comme elle le fut pour lui-même, une avenue qui conduit à l'Eglise romaine : M. Lindsay, qui précéda
que des Églises, de juiUct 1906, et qu'on nous permette d'ajouter que cet organe est d'un prix inestimable pour quiconque veut se tenir au courant des questions religieuses anglaises* t. Thureau-Dangin, op, cit,, I, p. 143.
lord Halifax dans la présidence de VEnglish chnrch Union^ fut naguère accompagné jusqu'au terme de Tavenue par soixante-dix-sept clergymen^ ritualistes également, et devenus aujourd'hui des prêtres de Rome ; et l'expérience de plusieurs ministres de la religion romaine considère le ritualisme comme une « école préparatoire » pour le catholicisme. Il est au contraire d'autres ritualistes, — beaucoup d'autres, — qui trouvent dans la pompe des rites, dans l'attrait des sacrements, dans le luxe souriant des images et des statues, une satisfaction religieuse assez intense pour que la via média y monotone comme tout ce qui est indéfiniment provisoire, leur apparaisse encore supportable. Ils savent, depuis dix ans, que le jugement de Rome sur l'invalidité des ordinations anglicanes est irrévocable ; ils savent, — pour reprendre les distinctions très fines que faisait jadis Manning, — que si l'Esprit-Saint peut agir dans l'Église anglicane, comme il peut agir en d'autres sectes dissidentes et partout d'ailleurs où il le veut, il n'agit point par l'Église anglicane i ; ils savent enfin que, lors même qu'ils pourraient donner quelques assises et quelque consistance à cette via média sur laquelle ils s'attardent, ils n'y rencontreront jamais le Pape, si loin qu'ils la prolongent, et qu'ils doivent faire un acte plus décisif pour toucher enfin « cette borne milliaire à laquelle parviennent, par toutes les routes de la pensée, les voyageurs dignes de ne pas rester en chemin *. » Et peut-être temporisent-ils d'autant plus, qu'ils savent mieux tout cela. Rome, sans fièvre, les laisse s'approcher ou piétiner, avancer ou reculer; elle n'est pas moins patiente que Newman,dont la plus chère devise était qu'il ne faut pas presser Dieu. Rome se souvient