‹ Autour du catholicisme social (volume 3)Chapitre 65 sur 97 · Thureau-Dangin, op. ciL^ I, p. XXX · texte numérisé non relu

Thureau-Dangin, op. ciL^ I, p. XXX

pale; c'était Gladstone, en 1874, déchaînant son éloquence contre les audaces du « vaticanisme ». Mais le catholicisme € papiste » passait outre ; il affectait, d'autant plus, de se mêler à la vie intellectuelle et sociale de la nation anglaise. Wiseman multipliait les conférences sur des sujets étrangers aux choses religieuses : art, science, économie sociale, hygiène, philosophie; il voulait, par là, « montrer aux protestants que les catholiques pouvaient, aussi bien qu'eux, donner au public un régal intellectuel *. » En quoi Wiseman avait raison : < Les conférences de Votre Eminence, lui écrivait un notable catholique, M. de Lisle, font plus que toutes les controverses du monde, pour gagner le cœur de la vieille Angleterre *. » De même, il n'y avait à proprement parler rien d'humain à quoi Manning, successeur de Wiseman, consentît à rester étranger : rien ne lui était plus à cœur que de sortir de la sacristie, et de promener sa pourpre cardinalice partout où des idées se discutaient et partout où des réformes se concertaient, dans les réunions de la Société métaphysique comme dans les meetings de l'anti-alcoolisme. « Toute la vie civile et politique de l'Angleterre, écrivait-il en 1890, nous est ouverte à nous catholiques, si seulement nous savons comment y entrer et comment nous y conduire ». » Et de fait, à la fin du xix» siècle, on voyait les catholiques occuper quarante et un sièges à la Chambre des lords et détenir toujours quelque portefeuille dans les ministères successifs; on voyait les dignitaires du catholicisme anglais siéger à côté des prélats anglicans, la pourpre cardinalice obtenir une certaine préséance, et les deux convertis les plus illustres de l'Angleterre, Newman et Manning, con-

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