Congrès, p
8 SOLIDARISME ET CHRISTIANISME
à base sociologique, succédant aux anciennes morales que soutenait une base métaphysique.
Équivoque commise par les solidaTistes sur le sens du mot « solidarité >•
Tout ce que Ton est et tout ce que l'on possède, disait en substance M. Léon Bourgeois, dans son livre : Solidarité, qui est comme le premier évangile de la doctrine *, est un don, et doit être donné de nouveau; il concluait, des services que nous a rendus la société, aux services que nous devons lui rendre.
— « Est un don >, lui riposta M. Fouillée, voilà, selon nous, la solidarité naturelle ; c doit être donné de nouveau », voilà la solidarité morale; mais l'une ne découle pas de l'autre, tant qu'on ne fait point intervenir des raisons supérieures *.
Et par cette simple réflexion, M* Fouillée mettait à jour l'équivoque sur laquelle reposent les spécieuses constructions du « solidarisme >.
• Sous le nom de solidarité, l'on entendait, tour à tour, et parfois en même temps, l'interdépendance des hommes entre eux et les devoirs réciproques qu'ils ont les uns vis-à-vis des autres, A voir l'aisance avec laquelle on passait de l'un à l'autre sens, on eût dit qu'aux regards des solidaristes l'interdépendance, qui est le caractère essentiel de la solidarité, suffit pour créer l'amour ' 1