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LES ASPECTS SOCIAUX DU CATHOLICISME

LE PHÉNOMÈNE DE LA COMMUNION DES SAINTS DEVANT LA PENSÉE CONTEM- PORAINE

Dans le dogme catholique, chaque époque aperçoit certains côtés qui la séduisent, certains aspects qui l'attachent plus spécialement. Partout préoccupés, même au théâtre, de la lutte de Tesprit contre la chair, du devoir contre la passion, les hommes du xvii® siècle se complaisaient à retourner sous toutes leurs laces, à pénétrer avec un intime respect, les deux notions de la chute originelle et de la rédemption; fortement attachés à leur salut individuel, et les yeux volontiers tournés vers l'intérieur de leur âme, ils demandaient à la doctrine catholique de leur expliquer cette âme et de leur en faire comprendre tout ensemble la noblesse et les vilenies ; étrangers, enfin, à la conception d'une morale indépendante, ils attendaient de FEglise les maximes du bien vivre, postulat nécessaire pour bien mourir : c'est par son côté moral, réaction contre le libertinage, que la religion les captivait. Chateaubriand, au début de notre siècle, guida les âmes vers un observatoire nouveau; dans le christianisme, elles cherchèrent et trouvèrent la source du beau, toutes prêtes à conclure, car une

no AUTOUR DU CATHOLICISME SOCIAL

artistique induction, de la beauté des effets à la vérité de la doctrine : l'esthétique a ses raisons que la raison ne connaît point ; et TEglise conduisit la réaction contre Finféconde sécheresse du XVIII® siècle, où s'étaient taries, au double contact de l'analyse et de l'ironie, les spontanéités créatrices de l'art. A l'heure présente, ce qui séduit au catholicisme un certain nombre d'esprits, ce n'en est pas tant la vertu morale ou l'aspect poétique que le côté social.

C'est surtout en étudiant de près les prières, le dogme, et en observant comment ces prières et comment ce dogme traduisent la solidarité surnaturelle des hommes entre eux, que certains penseurs contemporains ont admiré, dans le christianisme, la religion par excellence de la fraternité. Sur l'ordre formel de Jesus-Ghrist, le chrétien dit à Dieu : a Notre Père », et non pas : « Mon père » ! Dans son beau livre : Le témoigndige du Christ et Vunité dumonde chrétien{i), M. Ernest Naville met fort bien en relief le caractère altruiste de ce Pater Noster que Dieu luimême a enseigné aux hommes : « La pensée du Père céleste, écrit-il, est inséparable de celle de ses enfants. Dans le monde chrétien, l'adoration ne doit monter au ciel que pour redescendre en bienfaits qui se répandent sur la terre. » Même isolé du reste de ses semblables, le chrétien, lorsqu'il se place en présence de Dieu, sort de son isolement; avant de s'élever, son âme se dilate;

(1) Paris, Fischbacher,

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