PROLOGUE
un astre... bichonné... parfumé.., sanglé...
On ne m'ôlera pas de Tesprit que ce vieux met un corset...
M. d'hautretan. — Paulette I... va donc au fait. . .
PAULETTE. — Au fait... au fait... ça vous est bien facile à dire... Enfin, j'explique au duc, qui me souriait béatement, qu'il se méprend sur mes intentions... et je le prie de remettre à Montespan ce petit mot très pressé
M. d'alaly, indigné. — Et il accepte?
PAULETTE. — Sans enthousiasme... mais il accepte tout de même... et il me dit : « Justement Montespan dîne ce soir au club, je vais lui donner ça dans cinq minutes... » Je le remercie et je file... Je mourais de faim I... J'entre au café Anglais où on me connaît bien, et je me fais servir à dîner dans un ca-
binet... ils étaient ahuris de me voir comme ça toute seule I...
M. d' AL AL Y, déplus en plus navré. — Moi qui n'ai pas dîné I...
PAULETTE. — Après ça, je me mets en route... J'avais toujours mon fiacre, mais comme il était venu me chercher ici, j'aimais mieux en changer; je me fais conduire à la Madeleine, où je monte dans un autre fiacre ; alors, celui que je quitte se met à m'injurier. J'étais très ennuyée... A quelques pas de chez Montespan.., rue Marignan, je renvoie mon second fiacre... Et puis, la peur d'être reconnue me prend, et je retourne au faubourg Saint-Honoré acheter un voile... mon premier voile . . . {Elle montre un des morceaux de gaze qu'elle a posé sur un fauteuil avec sa pelisse.).., le marron!... Heureusement, les boutiques étaient encore ouvertes I... En passant devant une glace, je m'aperçois... je ne