PROLOGUE
« Voyons, Paulette », je divorcerai!... car je n'en peux plus, à la fin ! La séparation, c'était bète! C'était une demi-mesure!... tandis que le divorce!... A la bonne heure!...
M. BONAVY. — Mais on ne divorce pas comme ça, ma chère petite... il faut des motifs sérieux...
PAULELTE. — J'en ai...
M. BONAVY. — Ceux que vous croyez avoir ne suffiront pas pour que le tribunal...
PAULETTE. — Je lui parlerai, moi, au tribunal, et nous verrons bien!...
M. BONAVY, souriant malgrélui. — Mon enfant, c'est de la folie!...
PAULETTE. — Mais qu'cst-cc que vous voulez que je fasse? Sapristi !... Mettez vous à ma place !... J'ai essayéde... sauter le pas... (Mouvement de M. Bonavy.) Oui... ce soir, j'ai essayé... Je n'ai pu m'y décider... ça vous étonne. .. c'est pourtant comme ça !.. .
M. BONAYY, protestant. — Mais... ça ne m'étonne pas le moins du monde...
PAULETTE. — Si!... je suis sûre que vous croyez que c'est tout simple, de jeter son bonnet par- dessus les moulins?... Eh! bien, pas du tout!... moi, je nY arrive pas!... Pourquoi? je n'en sais rien... Est-ce le moulin qui est trop haut, le bonnet qui tient trop bien, ou le biceps qui me fait défaut?...
Toujours est-il que ce soir, je suis restée en route... Tout dégénère!...
M. BONAVY, ne prenant pas la chose au sérieux. — Ma chère enfant, nous reparlerons de ça .une autre fois... il est, depuis fort longtemps, l'heure d'être tranquille... Allons, viens, Geneviève!... As-tu ta voiture, d*Hautretan, ou veux- tu que je le reconduise?...
PAULETTE. — Pardon... je vous demande de m' accorder encore un instant?... (A son