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Autour du dix-septieme siecle

Tout est dit et l'on vient trop tard pour user sa peine à des pages sur ceux des écrivains du XVII* siècle dont lapostérité a consacré les noms et la gloire impérissables. Mais ceux de la même époque qu'on a nommés ici les Oubliés et les Méconnus, là les Victimes de Boileau, trop longuement on n'en a point suffisamment fait état.

Certes, avant ces dernières années, ils ont bénéficié d'une quelconque condescendance, en laquelle entrait un peu du dédain héréditaire ; toutefois, il fut temps sans doute que, depuis deux ou trois lustres, la mode, cette déesse sans athêiste , vint au secours des modestes érudits qui ouvraient de ce côté une route à explorer. Cette route, — on m'accordera la faculté de l'écrire, — j'y suis entré en pionnier, alors que je m'efforçais à ériger le buste de ce S. de Cyrano Bergerac,

que, depuis, le théâtre a fait à travers le monde connu et acclamé. Dès lors, j'indiquai l'intérêt qu'offrirait l'étude de la préciosité, du burlesque, du libertinage, et de l'alliage à doses inégales de ces trois éléments hétérogènes, mais non contradictoires, dans les auteurs de second ordre, dont on dresserait,pour ainsi parler, les médaillons autour des statues triomphales de leurs majestueux contemporains.

Le livre que j'offre au public a été écrit dans cette pensée. Nombre de ses parties, données dans des Revues parisiennes , les unes lues par des érudits et des professionnels, les autres feuilletées par les gens du monde, ont déjà recueilli, ce m'a-t-on dit, quelques suffrages. J'ai profité d'ailleurs, en les revoyant soigneusement (1), d'observations de certains maîtres, comme aussi j'en ai châtié les citations pour que cet ouvrage, sous sa forme définitive, pût sans crainte

(1) On remarquera que j'ai confondu avec mon texte même la plupart des citations et expressions de l'époque, sans les placer entre guillemets, comptant sur l'intelligence des lecteurs qui seront heureux, sans doute, de retrouver des mots et des formes connus sur lesquels aucun signe particulier n'arrêtera leur attention.

être placé, suivant la formule, dans toutes les mains. Les chapitres inédits ont subi le même traitement de corrections attentives et scrupuleuses.

Tel quel, le présent volume permettra de juger par certains de ses représentants la société du X VIIe siècle, — seigneurs et dames, hommes de lettres et journalistes, pédagogues et savants, académiciens et petits-collets, — et de ce fait tirera son unité; V étude de manuscrits ou d'ouvrages rares, difficiles à se procurer, le documentera en quelque manière; et Von y trouvera, possible, des indications utiles pour l'histoire de notre littérature nationale.

Mais ce qui assurément s'y rencontrera, à moins que l'amour-propre d'auteur ne m'ait complètement emmuré, c'est le désir sincère de faire revivre des types originaux de ces temps prestigieux; c'est l'amour profond de cette époque grouillante à laquelle de tous côtés enfin l'on se reprend; et ces qualités, je les revendique comme les répondants d'une œuvre que je dédie à tous les fervents du XVIIe siècle. .

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