‹ Autour du drapeau [microforme]Chapitre 2 sur 39 · LT · texte numérisé non relu

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Imprimatur :

+ EDUARDUS CAR, Arch. X arianopolitanus. | | | À

Dans mon ‘Prêtre vengé,” j'ai voulu vous faire voir ce que le prêtre avait fait pour le Canada. “Dans le camp ennemi” j'ai montré ce que les ennemis du clergé avaient fait et faisaient encore. Ces derniers n’ont pas aimé cela. Il y en a qui se sont fâchés tout rouges, et ont fait une grosse colère malgré leur douceur ‘“proverbiale.”

Certains journaux m’nt dit des dou-

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ceurs. Dans ma bouche, ça serait de gros mots. Maintenant voulez-vous savoir ce qui les a choqué dans mon livre ? Je vais vous le dire.

Si je n’avais pas parlé des francs-maçons, des juifs, des ennemis de l'Eglise en général, aucunmau vais journal ne m'aurait blamé. Trente mille volumes de mon ‘ Prêtre vengé ” se sont écoulés sans qu’on ait dit un mot contre cet opuscule. On pensait que la conspiration du silence le tuerait. Comme j'ai pris un autre moyen que la réclame faite par les journaux pour jropager mes œuvres, leur conspiration a raté et mes livres sont parvenus à mes amis. |

Lorsque ma quatrième mine parut, mes adversaires changèrent de tactique ; -il fallait arrêter la vente de mon livre, ou mieux arrêter l’auteur et l'empêcher d'écrire de nouveau. D’après quelques-uns, mon langage était celui d'un édiot, d’un hystérique, d'un sauvage ivre, d'un pois-

sard, d'un malpropre, d'un cuistre ensoutané, d'un homme qui n'avait plus droit au respect des Canadiens, d'un révolté qui écrivait sans la permission de son évêque, etc, etc.

D'autres se sont réjouis de tout cœur des injures qu’on m'adressait.

Quelques-uns qui n’ont jamais lu une seule ligne de mes écrits ont dit que je faisais beaucoup de dommage à notre religion qui est une religion de mansuétude et de paix.

Les amis et les intéressés de la cause ont parlé eux anssi, et ont écrit après avoir lu mon livre fout d'un trait. Que de surprises je causerais, si je voulais me venger tant soit peu !! Attendons.

On m'a dit que je n'avais pas employé un style assez relevé. J’ai lu un jour les deux ou trois pages les plus critiquées à une vingtaine d'habitants. Ils m'ont dit que je parlais justement comme eux:

j'étais vengé.

Ecrivant dans les intérêts de l'Eglise catholique, je ne dis que ce que je sais; je parle de choses qui ne peuvent blesser en rien l’honneur des individus ou des familles

Depuis vingt ans, les discussions politiques sont entrées si souvent dans l'intérieur des familles et ont dévoilé des actes plus ou moins cachés de tant d'individus que les conséquences ont été bien désastreuses pour la morale publique.

En temps d’élection, il n’y a peut-être pas un homme parmi tous ceux qui parlent sur un husting qui ne soit en butte à la calomnie. J'ai vu un jour trois politiciens, envoyés pour pérorer dans un comté bien éloigné de leur demeure. À peine étaient-ils arrivés en cet endroit, qu'on chuchotait de bouche en bouche des mots terribles: enfant dénaturé, il a laissé mourir son père de faim... faussaire sales maisons... ivrognes..... usurier.

Je connaissais ces trois politiciens qui,

dans leur canton, jouissaient d’une bonne réputation.

La mauvaise conséquence de ce manque de charité est d'encourager les autres— surtout les jeunes gens—à se laisser aller à leur passion, disant : on ne fait toujours pas pis que les autres.

Je me croirais bien coupable si j'avais manqué à la charité ; mais une lettre que j'ai reçue d’un docteur Romain me rassure. Elle est de nature à fortifier grandement ma position auprès des catholiques de cette province. Devant la théologie, j'ai fait un acte de charité. Car je me suis attaqué à nos ennemis en tant que fauteurs d'idées anti-catholiques, je ne suis pas sorti de là et je n’en sortirai pas.

Les idées sont la nourriture des peuples; a dit un écrivain. Ce sont les mauvaises idées qui empoisonnent une nation.

Tuons les erreurs (inlerficite errores). Ces mots doivent servir de devise à tout catholique, soit laïque, soit prêtre. En cher-

chant à mettre mes compatriotes en garde contre certaines idées malsaines qu'on veut répandre dans le pays, j'ai fait un acte de charité ont Dieu, je l’espère, daignera se souvenir à l'heure du jugement.

En écrivant ma quatrième mine, j'avais prévu ce qui est arrivé; je savais que pendant le cours de la vie qu'il me reste a parcourir, je serais le point de mire des ennemis de Celui dont j'ai fait le serment de soutenir la cause au prix de mon sang, s’il le fallait.

‘“ Bienheureux ceux qui souffrent persécution pour la justice.”

Bienheureux ceux qui expient dans la pénitence leur trop nombreux péchés et se rendent dignes d’être reçus au ciel après leur mort.

Vous voyez, chers lecteurs, que je suis convaincu. Quand je trouverai dans un journal ou dans un livre une idée favorisant le rèone social du démon, je veux la combattre de tontes mes forces avec l’aide

de Dieu.

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