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94 L'ÉGLISE gue; qu'enténdez-vous par liberté do conscience ?
L'anarchiste : -—-Le droit de faire ce que je veux faire.
Le journaliste : —Même le droit de tuvr votre semblable ?
L'anarchiste : —Le droit de tuer quiconque me gêne dans l'exercice de ma liberté.
Le journaliste : —Pourriez-vous désigner quels sont ceux qui vous gênent ?
L'anarchiste : —Les prêtres, les rois, les riches.
Le journaliste : —Pourquoi les prêtres ?
L’anarchiste :— Parce qu'ils disent qu'il
a un enfer: ceci me gêne.
Le journaliste : —Les rois ?
L'anarchiste :—Parce qu'ils usurpeni une autorité qui me gêne; ils n’ont pas plus de droït de me commander que j'ai le droit de le faire à votre égard. Je ne dépends de personne.
Le journaliste : —Et les riches donc ?
L'anarchiste :— Parce qu'ils ont un bien qui m'appartient, parce qu'ils se sont engraissés de ma misère: ce sont des voleurs.
Le journaliste: —Mais vous reconnaissez à un homme qui travaille le droit de posséder la richesse qu'il a acquise ?
L’anarchiste : —C'est justement le principe que je soutiens. J'ai travaillé pour cet homme qui est devenu riche par mon travail, non par le sien; j'ai droit d'aller prendre chez lui la part qui me revient ; s’il résiste, je suis en cas de légitime défense, je le tue.
Le journaliste : —Soutiendrez-vous que vous avez le droit de priver sa femme et ses enfants de leur protecteur ?
L’anarchiste :-—J’ai le droit de protéger mon épouse et mes enfants contre l’oppresseur. |
Le journaliste : —Avez-vous bien réfléchi aux conséquences de votre acte; la société vengera la mort de cet homme.
L'anarchiste :— La société ne peut faire plus que de me tuer.
Le journaliste: —Vous ne craignez pas Ja mort ?
L’anarchiste :—Craindre la mort! pourquoi ? Puisqu'’il n’y a rien après cette vie, je veux être libre de faire ce que je voudrai ou mourir ; telle est ma devise qui, d’ailleurs, est semblable à la vôtre. |
Le journaliste :—Semblable à la mienne
L’anarchiste: —Ne soutenez-vous pas que vous êtes libre d'écrire ce que vous voudrez ?
Le journaliste : —je suis un chaud partisan de la liberté de la presse.
L’anarchiste: —Et moi de la liberté d'action ; le poignard vaut bien la plume.
Vive les libertés modernes!!!
Le journaliste : —Je trouve que vous allez un peu loin...
L'anarchiste: — Pas plus loin que le tombeau où nous devons tous aller. Une journée de plus ou de moins dans cette
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vallée de larmes ne vaut pas la peine qu'on y fasse attention.
Le journaliste: —Je diffère d'opinion avec vous, et jalmerais à savoir où vous avez puisé de tels principes.
L'anarchiste : —Dans votre journal depuis que nous jouissons de la liberté de la presse. Depuis que vous m'avez appris à mépriser l’enseignement des prêtres, à me moquer de Dieu et de l’enfer, depuis que je sais qu'après cette vie il n’y a plus rien, 7e suis libre, monsieur, libre de faire ce que je voudrai. O douce liberté ; tu me permets de tuer celui qui me gêne,que tu n'es précieuse !
Le journaliste : —En réclamant la liberté de la presse, je ne prétends pas...
L’anarchiste :— Assez, monsieur, à quoi cela vous sert-il de parler? Je vous dis que vous ne pouvez pas faire plus que de me tuer. Or, je ne crains plus la mort depuis que vous m'avez dit qu'il n’y avait plus d'enfer. La mort... puis plus rien.
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Plus de Dieu ! plus de vol! plus de meurtre! plus d'enfer! Vive la liberté de conscience !! |
Le journaliste :— Vous allez trop loin…
L'anarchiste : pas plus loin que la mort, je vous le répète. D'ailleurs, finissons-en, car J'ai faim et il me faut aller chercher — quelques-uns appellent ça voler—mon dîner Puis, tout-à-coup, tirant un revolver de dessous son gilet, et regardant le journaliste en face, il lui dit sur un ton de menace: Avez-vous de l'argent sur vous ?
Le journaliste court encore.
En second lieu, les méchants se vantent d’avoir arraché à lintolérance des papistes /a liberté de la presse.
Pour eux, la liberté de la presse signifie : avoir Le droit d'écrire dans un livre ou dans un journal tout ce qu’il leur plaira, de soutenir n'importe qu elle doctrine, de se moquer de Dieu et de son Eglise tant qu'ils le voudront. Aussi, ils s’en sont donné à cœur joie,
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En vertu de la liberté de la presse, ils ont dit qu'il n'y avait plus de Dieu, que l'homme venait d'un singe, qu'il n'y a plus rien après la mort, que le pape est un misérable, que les évêques et les prêétres sont des mécréants, des rongeurs de peuple, qu'ils enseignent une doctrine absurde, etc., etc.
Ils ont écrit des centaines de mille volumes pour jeter l’immoralité la plus profonde parmi le peuple ; ils ont fait l'éloge des crimes les plus honteux, comme l’adultère, le suicide; ils ont préconisé la haine, la vengeance, le meurtre; ils ont été jusqu’à dire: la propriété, c’est le vol ; Dieu, c’est le mal ; et tout cela au nom de la liberté de la presse—liberté pour eur-— remarquez bien ces dernières paroles:
pour eux. Car, pour les autres, pour ceux qui veulent combattre leurs erreurs, il n’y a plus la liberté de la presse. Mal-
heur à celui qui veut Fr ‘eudre sa plume pour revendiquer les droits de Dieu et de
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son Église, pour protéger l'âme de ses compatriotes contre ces empoisonneurs publics, pour soutenir la doctrine catholique, pour réclamer les droits du père de famille sur ses enfants. Oui! trois fois malheur à celui-là ;
Les partisans de la liberté de la presse viendront lui dire qu'il n’est pas libre d'écrire ainsi ; ils tâcheront, par toutes sortes de calomnies de le ruiner dans l’opinion publique ; ils le traduiront devant les juges. Qu'il gagne ou qu'il perde, il est certain d’une chose: ces écrivains sont presque tous insolvables et ils n’auront rien à perdre, comme l’anarchiste, tandis que la partie catholique, en gagnant sur toute la ligne, devra payer des milliers de piastres.
Depuis que cette fameuse liberté existe, je ne crois pas qu'il y ait eu un seul écrivain catholique qui n’ait pas été en butte aux persécutions de ses libertins de la presse. Mais les catholiques s'y atten-
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daient; iiberté pour les méchants veut dire : persécution pour les bons.
Si la foi diminue dans les cœurs, si le peuple se démoralise de plus en plus chaque jour, s’il n y a plus de respect pour l’autorité, s’il y a tant de suicides, de | meurtres, de grèves injustes, c’est dû en grande partie à la licence de la presse qui | cherche à ennoblir le vice et à ridiculiser la vertu et la foi en Jésus-Christ et en son Eglise.
Mes chers lecteurs, prenez garde aux mauvais livres et anx mauvais journaux.
Vos enfants pourront vous faire payer bien cher la lâchcté que vous aurez montrée à leur égard en les laissant lire de mauvaises gazettes.
Que d’âmes brûlent en enfer pour avoir fait toute espèce de lectures!
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