‹ Autour du drapeau [microforme]Chapitre 29 sur 39 · PE MP · texte numérisé non relu

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Dans la province d’Ontario, les catholiques, depuis longtemps, ont leurs écoles séparées! Vous savez, chers lecteurs, qu'on fait des efforts inouis pour les leur enlever. La dernière élection s’est faite sur la question des écoles. La majorité des électeurs a confirmé le droit des pères de famille ; ce qui démontre clairement que cenest pas une question entre catholiques et protestants, mais entre ceux qui nient les droits du père de famille et ceux qui les soutiennent.

Tous les protestants de la province de Québec soutiennent que,dans notre Canada où il y a différentes croyances religicuses, le système des écoles séparées est celui qui assure la paix et la tranquilité du pays. Tous les protestants de l’église d'Angleterre (Church of England) ritualistes, épiscopaliens, et ceux de la “low church”’ combattent côte à côte avec les catholiques en faveur du droit du père de famille. Nous avons, de l’autre côté, des

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Méthodistes, des Presbytériens, les Orangistes et les Francs-maçons soutenant le principe que l’État peut forcer un père de famille à payer pour le soutien d’une école où sa consuience lui défend d'envoyer ses enfants.

Comme on le voit, il ne s’agit donc pas ici d’une guerre entre l'Eglise d’Angleterre et l'Eglise de Rome; il s’agit d’un principe de droit naturel, admis par la grande moitié des protestants, chacun demandant à être maître chez soi.

Les fanatiques ont voulu faire du capital politique en Haut-Canada. Qu'il était triste de lire, dans certains journaux, des discours d'hommes politiques!

. En voici un:

“Electeurs, voulez-vous que vos enfants soient tratnés dans des écoles où les Frères et les Sœurs leur feront baiser des médaiiles, dire des chapelets, adorer une vingtaine de livres de plâtre qu'ils appellent la Sainte Vierge ?”

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Et le peuple de crier: Non! mille fois non ! mille mort plutôt que le déshonneur!

Pauvre peuple d'Ontario ! Personne n’a voulu te forcer d'envoyer tes enfants chez les Frères. Tu les enverras où tu voudras; mais ce que l'on veut est ceci: Les pères de famille catholiques te demandent le droit d'employer leur argent pour soutenir des écoles où leurs enfants pourront prier Dieu à leur manière.—Ce n’est pas plus malin que cela. s

Le bon sens du peuple a reconnu le droit du père de famille et les fanatiques sont restés dans la minorité lors du scrutin électoral.

Puisque nous sommes à parler d'enseignement, nous allons dire un mot des écoles du Manitoba et du Nord-Ouest qui, au fond, sont dans les mêmes circonstan-

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Mes chers amis, nos frères les catholiques du Manitoba sont persécutés en ce moment ; ils souffrent dans ce qu’un père

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et une mère ont de plus cher: leurs enfants. Il leur faut payer, pour le soutien d'écoles où il leur est défendu d'envoyer leurs enfants. et cela, malgré des droits acquis, malgré les promesses données à plusieurs reprises. De plus, on sait parfaitement bien que le Manitoba est devenu une province sœur à la condition expresse que les catholiques ne soutiendraient d’autres écoles que les leurs, et que la langue française serait l’une des ‘langues officielles du pays.” Aujourd'hui, plus de langue française, mais ce qui est bien plus grave, plus d'écoles pour les catholiques à moins que ceux-ci ne les entretiennent à leurs propres dépens après avoir payé pour l'instruction des enfants protestants.

Voilà ce qui arrive dans ce siècle où l'on parle tant de liberté—triste liberté que celle qui consiste à écraser les faibles et les pauvres! Heureusement, qu'il y a une autre vie, car nous serions tentés

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d'aller plonger un poignard dans le cœur de tous ces despotes. Mais le chrétien regarde de l’autre côté de la tombe ; il se rappelle qu'il doit prier pour ses persécuteurs, et par son attitude, où il ne doit pas y avoir plus de faiblesse que de haine, chercher à trouver un remède aux maux qui l'affligent. L'Illustre Monseigneur Taché dont nous déplorons la perte et que nous sommes si fiers d'appeler l’un des nôtres, a écrit un livre que tous s’accordent à trouver admirable. Il est vraiment écrasant pour ceux qui assistent depuis quelques années au martyre de nos frères, le sourire ou le dépit sur les lèvres, suivant le degré de chance que leur apportent les différentes phases de cette question brûlante.

Nos politiciens, pour ce qui regarde les finances, se divisent en deux camps: les uns veulent la protection, les autres le libre-échange. Sur ces deux points qu'ils se chamaillent tant qu’ils voudront, l’Eglise les laisse bien libres.

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Mais il y a une question sur laquelle les catholiques ont droit de demander l'union: les écoles du Manitoba. Ceux qui ne suivent la politique qu'au point de vue religieux, sans s'occuper des noms qui sont à la droite ou à la gauche du siège de l'Orateur, ne se doutaient guère qu'on chercherait à faire du capital politique avec le râle agonissant de nos frères, les lutteurs catholiques du Manitoba et du Nord-Ouest.

Hélas! Pas d'union sur une question vitale. Quand donc l’aurons-nous ? ‘Tout royaume divisé périra.”

Si les protestants de la province de Québec avaient été traités comme le sont les catholiques du Manitoba, croit-ou, pour un moment, que les grits et les tories se fussent séparés sur une question qui gênerait leur liberté de conscience.

Mgr Taché va nous le dire:

‘Cependant, si par impossible, la ma- ‘ jorité dans Québec songeait à priver la

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