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* minorité protestante des droits et privi-
lèges qui lui ont été reconnus avant son entrée dans ia Confédération et qui ont été sanctionnés depuis par la loi ;
oui, si l’on faisait une pareille tentative,
nous serions le témoin de la plus violente commotion que le pays ait jamais vue. D'Halifax à Victoria, de l'Ile de Sable à l'Ile Charlotte ; par eau et par terre, tout le pays et tous ses habitants seraient mis en mouvement pour protester contre l'injustice, la mauvaise foi, l'empiètement, etc. etc.
‘ L'excitation serait telle qu'à Ottawa on verrait vite à désavouer la loi provinciale..…….
‘ Comment se fait-il donc qu’une tentative semblable soit appréciée si différemment quand elle est dirigée contre la minorité de Manitoba et du Nord- Ouest ? Hélas! La seule explication possible, c'est qu'il y a deux poids et deux
‘‘ mesures, selon la violence de ceux qui
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‘crient ou les dispositions de ceux aux- ‘“ quels on applique ces poids et ces me- “ sures!......” Plus loin, il ajoute :
‘““ Les parties politiques redoutent ou ‘“ désirent le résultat qui peut suivre ‘toute cette excitation ; les tribunaux : ‘“ sont à la recherche des interprétations “les plus subtiles; les auteurs les plus ‘ savants sont consultés pour s'assurer si “le parlement du Canada suvait ou ne ‘* savait pas ce qu il disait ou ce qu'il vou- ‘lait dire, quand il a préparé et voté la ‘“ constitution du Manitoba... On dit ‘“ oui, on dit non, et ce désacord empêche ‘“ la protection requise et demandée.”
Cependant, Mouseisneur Taché dit que la source véritable des difficultés du Manitoba n'est pas dans la phraséolugie défectueuse de la loi, ce qui veut dire, mes chers amis, que ce n'est pas de ce que la loi a été mal rédigée ; non, il y a une autre cause qui lui a arraché bien des larmes.
La véritable source des difficultésn'est pas dans l'obscurité des termes. Ecoutez:
‘L'acte de Manitoba passé par la Législature Fédérale en 1870 et ratifié parle Parlement Impérial en 1871,se lit comme suit, à la clause 28 :”
‘L'usage de la langue française et de ‘ ]a langue anglaise sera facultative dans “ les débats des Chambres de la Législa- ‘ture, mais dans la rédaction des archi- ‘’ ves, procès-verbaux et journaux respec- ‘“tifs de ces Chambres, l’usage de ces ‘ces deux langues sera obligaloire; et ‘ dans toute plaidoierie ou pièce de pro- ‘ cédure par-devant les tribunaux... il ‘“ pourra être également fait usage, à fa- ‘“ culté, de l’une ou de l’autre de ces lan- ‘œues. Les actes de la Législature seront “imprimés et publiés dans ces deux lan- ‘“ gues.”
N'est-ce pas, mes chers amis, que cette clause de l'acte du Manitoba est bien claire? Chacun de vous ose l’affirmer, quoique le Conseil Privé de la Reine n'ait pas encore décidé ‘si le Parlement Fédé-
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ral et Impérial savaient ou ne savaient pas ce qu'ils voulaient dire” par ces mots: la langue française .et la langue anglaise. La science a des découvertes qui étonnent, et le Conseil privé pourrait nous donner tort à vous et à moi, dans une chose si claire à notre point de vue.
Il pourrait raisonner de la sorte: ces mots : usage de la langue française veulent dire ceci: Un dé: uté canadien-français a toujours l'usage de la langue française ; tout ce qui lui est personnel; ses jambes, ses bras, sa langue, ses os sont français. Or, tout en émettant des sons anglais, dès qu’il se sert de sa langue, on on peut dire qu'il a l’usage de la langue française. On ne viole donc pas la constitution en l’obligeant de parler anglais pourvu qu'il parle avec la langue qu'il a dans la bouche.
Ceci vous fait rire, mes chers habitants et artisans ; j'ai voulu par là vous démortrer qu’on peut toujours interpréter la loi
la plus claire dans le sens favorable à ses intérêts. Donnez-moi cinq lignes d'un homme, disait Richelieu, et je le ferai pendre.
Toujours est-il que, pour le commun des mortels, l’Acte du Manitoba, pour ce qui concerne Ja langue française, est bien clair.
Cependant, qu'a fait le gouvernement du Manitoba ?
Monseigneur Taché nous l’apprend :
“Le gouvernement local de Manitoba, “ malgré un statut fédéral si clairement ‘exprimé, et au mépris de la sanction “ donnée à ce statut fédéral par le gou- ‘“ vernement Impérial : oui, le gouverne- ‘ ment de Manitoba a proposé et la majo- “ rité qui l’appuie a voté ce qui suit:
“ Nonobstant tout statut ou loi contraire, la langue anglaise sera seule en usage dans la rédaction des archives et des jour naux pour l'assemblée lécislative de la province de Manitoba, et dans toute plai-
doirie ou pièce de procédure émanant de toute Cour de la province de Manitoba ; les actes de la Législature de Manitoba ne devront être imprimés et publiés que dans la langue anglaise.”
Monseigneur ajoute :
“ Le lieutenant Gouverneur sanctionna “ ce projet de loi, quelqu'inconstitution- ‘“ nel et injuste qu il fut, et il est entré au “ livre de nos statuts sous la désignation “58 Victoria, Chapitre 14.
‘La chose fut référée à Ottawa. On “sy plaignit d'un acte si injurieux à la ‘“ dignité britannique, si subversif de la “ législation fédérale et si préjudiciable “ aux intérêts de la population canadien- ‘ ne-francçaise.
“ Je le demande, qui a élevé la voix ‘“ dans le parlement fédéral, qui a agi de ‘ façon à ce qu'un acte si inconstitution- “ nel soit rayé des statuts de la province “de Manitoba? Que les membres du ‘ Sénat et des Communes qui vont bien-
“tôt se réunir à Ottawa me permettent ‘ de leur dire avec respect, mais en toute ‘“ franchise, que nous avions droit de ‘“ compter sur leur protection et que nous ‘“ Ja leur demandons instamment.”
Mes chers lecteurs, vous avez hien compris le langage si délicat et en même temps si clair de Monseigneur Taché: la source du mal est double.
D'un côté, la haine pour tout ce qui est français et catholique. Que fait à ces genslà l'acte du Manitoba? Que leur importe la foi jurée ? Que leur vaut la clarté des termes d’un contrat? La clause de l'acte qui concerne la langue française est'bien claire ; celle qui regarde les écoles nous paraît aussi claire, mais qu’elle le soit ou non, là n’est pas la ‘“ véritable source ” du mal; nos ennemis, par haine du catholicisme, étaient décidés à sauter à pieds joints par-dessus tous les.‘ Actes ” et promesses du monde. Voilà une des sources du mal. À
L'autre source du mal, bien plus dangereuse et bien plus humiliante pour nous, est l’apathie, l’insouciance d’un grand nombre de nos compatriotes pour tout ce qui regarde les droits si précieux de notre religion et de notre langue.
Rien de surprenant dans le fait que les loges maçonniques n'aiment pas les catholiques et les canadiens-français {ant qu'ils seront catholiques. Mais ce qui étonne, c’est de voir que l'abolition de la langue francaise, par le parlement du Manitoba qui était obligatoire en certains cas, facultative toujours—n’ait pas produit la moindre émotion parmi ceux qui se targuent de patriotisme. Plusieurs s'unissent à Mgr Taché pour dire: /à est la source du mal. |
Si le parlement de Québec passait un acte pour interdire l'usage de la langue anglaise au parlement de Québec, au Palais de justice, trouveriez-vous mauvais que les anglais, comme un seul homme—
cest ce qui arriverait—se levassent pour 1evendiquer leur droit garanti par la constitution ? Croyez-vous, la main sur la conscience, que cette loi ne serait pas désavouée par le gouvernement Fédéral, vingt-quatre heures après sa sanction, et cela, avant même que celui- ci reçût une plainte officielle ?
Mais, pour interpréter la pensée de Mgr Taché, qu'ont-ils à craindre de nous ?
Monseigneur pensait, au moins, que les derniers mots de la phrase citée, quand il dit, en parlant des membres du Sénat et des Communes :...... ‘que nous avions droit de compter sur leur protection et que nous la leur demandons instamment,” trouveraient un école dans les cœurs de ses compatriotes— Hélas ! Le Sénat et les Communes se sont assemblés depuis...
Mgr Taché croyait que ‘ une page de l'histoire des écoles de Manitoba ” réveillerait notre monde politique. Son auteur avait- si bien prouvé que les écoles du
Manitoba étaient protestantes ; de plus, il avait si bien établi que nos ennemis les regardaient comme telles, il avait si bien montré la main de la franc-maçonnerie qui tenait tous les fils conducteurs de la persécution que son noble cœur attendait de tous les partis politiques de sa province natale de réelles et vives sympathies.
Il avait attiré l'attention de ses lecteurs sur ‘An Epoch in masonry and Education. Une époque peur la franc-maçonuerie et l'éducation.” Car, mes chers amis, les catholiques venaient de recevoir la foudroyante décision du Conseil Privé, lorsque nos ennemis ont cru bon de faire une grande cérémonie pour la pose de la pierre angulaire d'une nouvelle école.
Pour enfoncer le dard de Phumiliation le plus avant possible dans le cœur des catholiques, ‘‘ la pierre a été placée avec les ‘‘ imposantes cérémonies maçonniques qui ‘ ont été conduites par le Grand Maître ‘# D. J'Goggin. Outre les membres de la
‘loge Lebanom, un grand nomdre de “ frères étaient venus d'Oak Lake, d'Elk- ‘ horn et de Moosomin.... Le Grand ‘ Maître était assisté par le Grand Senior “ Warden Levan et le Révérend W. L.
‘ Watts.”
De plus, mes chers amis, sachez qu'il “y eut discours maçonnique” et ‘“ banquet maçonnique” le soir.
Sachez aussi que ce Groggin est ‘“ membre de l’Advisory Board, qui seul a le droit d'indiquer ou de composer les prières et autres exercices religieux en usage dans les écoles publiques.”
Ecoutez les réflexions de Mgr Taché :
‘Que l'Honorable Ministre de l'Educa- “ tion assiste à la pose de la pierre angu- ‘ laire d'une maison d'école dans son dis- ‘* trict, rien de plus naturel; mais que ce ‘ même ministre d'Etat cède le pas à un ‘ de ses subalternes, à son employé, parce ‘“ que ce dernier est Grand Maitre et ‘“ qu'une école va être dédiée maçonni-
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