‹ Autour du drapeau [microforme]Chapitre 33 sur 39 · LA · texte numérisé non relu

LA

si —

étaient traités comme le sont les catholi-

ques du Manitoba. et vous verrez alors

que le gouvernement règlera vite la ques-

tion.

Aujourd'hui, on Vante Je progrès moderne, On parl

avantages que n ces inventions, je vous dirai Egli

la pose du premier télégraphe sous-marin qui nous plaçait à quelques minutes de l'Europe.

Mais de ce que Pie IX a condamné la proposition suivante : ‘ le pontife romain peut et doit se réconcilier et se mettre d'accord avec le progrès, avec le libéralisme et avec la civilisation moderne, ” nos impies, fidèles à leur tactique de mensonge et de mépris, tirent l'absurde conclusion suivante: donc Pie IX était contre les chemins de fer. Quelques-uns l’accusent même d’avoir été contre la lumière électrique qui n'était pas encore inventée.

Voyons d’abord ce que l’on entend par progrès.

On peut considérer le progrès soi ; tro:

rapports, disent les auteurs d’apologétique chrétienne: le rapport de l'intelligence, le rapport des mœurs et celui du bien-être matériel ; en deux mots, progrès dans ce qui regarde l’âme et le corps.

ee ——

Voyons ce que l'Eglise a fait pour le progrès de l'intelligence.

Jésus-Christ dit à ses apôtres : ‘‘Allez et enseignez toutes les nations.” Il donne pour preuve de la divinité de sa mission que les pauvres sont évangélisés.

L'Eglise, fidèle à sa mission s’est mise à l’œuvre.

Lorsque les barbares sortant des déserts et des forêts sont venus fondre sur l'Empire Romain et le détruire, c'en était fait de l'instruction dans le monde sans les papes, les évèques, les prêtres et les moines. Ces sauvages ne comprenaient pas l'utilité des livres qu’ils croyaient étre des instruments de magie. Ils brûlaient tout ce qui leur tombait sous la main. Un écrivain américain rapporte que les sauvages des Montagnes Rocheuses apercevant sur leur chemin des poteaux de télégraphe, les coupèrent dans le but d’avoir du bois pour faire cuire leur viande ; les sauvages d’autrefois

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ll avaient à peu près le même degré d’ins- (| truction. Si la religion d'alors eût été celle de César, c'en était fait des lettres et des arts. Mais le prêtre de Jésus-Christ a suivi le barbare, retournant victorieux dans son pays. Des monastères où l’on conservait les chefs-d'œuvre de l’antiquité ont été bâtis. Dès le quatrième siècle, il y avait un collège à côté de chaque évêché. De saints religieux allaient par milliers se jeter au milieu des forêts. Pendant que quelques-uns d’entre eux défrichaient la te:re. les autres donnaient une instruction pratique aux enfants des nombreux pauvres qui étaient venus fixer leur tente auprès du monastére. Les eniants de ces pauvres seront plus tard des papes, des évêques, | des prêtres, des magistrats, des philosophes, des peintres, des astronomes, des généraux d'armée, etc. etc.

Les monastères de femmes, à leur tour, rivalisaient de zèle pour donner aux pe-

ai pre

tites filles de ces barbares une instruction solide.

Sous la direction de l'Eglise, le progrès intellectuel sera tel, que ces nations de barbares réformés deviendront les nations policées de l’Europe.

C'est cette transformation qui a arraché à Voltaire lui-même ce cri d'admiration : L'Europe doit au Saint-Sièwe sa civilisation.

Oui! c'est à l'Eglise catholique que l'Europe et ses colonies doivent leur supériorité intellectuelle.

Les libres-penseurs traitent l'Eglise d’arriérée oubliant que leur chef, Voltaire, voulait faire un reproche à l'Eglise d’instruire les pauvres, quand il disait : “ Le laboureur ne mérite pas d’être instruit ; c'est bien assez pour lui de manier le hoyau, le rabot ou la lime”. Que nos

Voltairiens en herbe relisent leur histoi-

re; ils verront que leurs pères de 1792 commencèrent l'ère du progrès par abolir

toutes les écoles primaires existant alors, ainsi que 562 collèges et 23 universités ; ils firent une exception pour celle de Strasbourg qui était protestante.

En 1801, un ministre du gouvernement disait : ‘“ L'éducation publique est presque nulle partout ; la génération qui touche à sa vingliéme année est irrévocablement sacrifiée à l'ignorance; les écoles primaires n'existent presque nulle part.”

Quant à l'Eglise du Canada, je n'ai pas besoin de dire ce qu’elle a fait pour notre pays, je l’ai dit dans ma Troisième Dine. Enlevez l'action du clergé dans le mouvement intellectuel du pays, et que vous restera-t-1l ?

Aujourd'hui, nos révolutionnaires font du zèle pour l'instruction du peuple, pourvu qu'ils l’instruisent à leur manière ; remarquez bien ces derniers mots: à leur manière. Pourvu qu'on ne parle pas de religion dans les écoles, que Dieu et ses droits soient ignorés, ils sont prêts à faire

de grandes dépenses, à voler même l’argent des pères de famille catholiques pour donner à leurs enfants une instruction athée. On connait leur but: soustraire le peuple à l’infiuence du prêtre pour en faire le marche-pied du trône de leur égoisme et de leurs convoitises, voilà leur but, but digne de ces viveurs qui nc connaissent d'autre Dieu que leur ventre, comme dit Saint Paul.

L'Eglise veut l'instruction du peuple, mais à la manière dont Dieu la veut, et non à la manière du diable.

Dans run de mes voyages, un passager, ayant fini de lire un livre qu'il avait apporté avec lui, voulut me l’offrir.

—Merci, Monsieur, lui dit-je, ce livre est condamné par l'Eglise.

— Mais c’est le chef-d'œuvre d’Alexandre Dumas. L'Eglise est-elle réfractaire à ce point qu'elle voudrait arrêter l'essor de l'intelligence ?

—Non, Monsieur, elle veut seulement

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