CHAPITRE XII
“La vraie liberté d'enseignement,” dit un auteur, ‘est le pouvoir donné à chacun d'enseigner sous la surveillance des pasteurs de l'Eglise toutes les vérités qu il croît utiles à ses semblables.”
La fausse liberté d'enseignement, c'est le droit donné à chacun de tout enselgner, le faux aussi bien que le vrai, surtout en matière religieuse.” |
Vous voyez, mes chers lecteurs, la dif:
férence essentielle entre la fausse et la
vraie liberté d'enseignement. Celle-ci (æ)
donne à chacun la liberté de gagifer sa vie dans l’enseignement, pourvu qu'il se
soumette à la surveillance de l'Eglise, La. fausse liberté dit à chacun: Enseigne.
tout ce que tu voudras; fais croire au.
peuple, si tu veux, qu'il n’y a ni Dieu, ni enfer : c’est ton droit.
Je n'ai pas besoin de parler de la liber-
té dont l'Eglise catholique a joui jusqu'ici dans cette province; chacun la connatt
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comme chacun sait aussi les efforts que.
la franc-maçonnerie fait pour gêner —elle :
commence toujours par là et agit graduellement—l’action de nos évêques et de nos prêtres. À nous de nous ranger autour :
du drapeau comme un seul homme, car | cest une question de vie ou de mort entre .
la religion et la franc-maçonnerie.
Le système d'éducation de la province de Québec a attiré l'admiration du monde
entier à l'Exposition de Chicago.
Dans la province d'Ontario, les catholiques, depuis longtemps, ont leurs écoles séparées! Vous savez, chers lecteurs, qu'on fait des efforts inouis pour les leur enlever. La dernière élection s’est faite sur la question des écoles. La majorité des électeurs a confirmé le droit des pères de famille ; ce qui démontre clairement que ce n est pas une question entre catholiques et protestants, mais entre ceux qui nient les droits du père de famille et ceux qui les soutiennent.
Tous les protestants de la province de Québec soutiennent que,dans notre Canada où 1l y a différentes croyances relisicuses, le système des écoles séparées est celui qui assure la paix et la tranquilité du pays. Tous les protestants de l’église d'Angleterre (Church of England) ritualistes, épiscopaliens, et ceux de la “ low church” combattent côte à côte avec les catholiques en faveur du droit du père de famille. Nous avons, de l’autre côté, des
Méthodistes, des Presbytériens, les Orangistes et les Francs-maçons soutenant le principe que l'Etat peut forcer un père de famille à payer pour le soutien d’une
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école où sa consuience lui défend d’en-
voyer ses enfants.
Comme on le voit, il ne s’agit donc pas .
ici d'une guerre entre l'Eglise d’Angleterre et l'Eglise de Rome; il s’agit d'un
principe de droit naturel, admis par la.
grande moitié des protestants, chacun demandant à être maître chez sol.
Les fanatiques ont voulu faire du capital politique en Haut-Canada. Qu'il était triste de lire, dans certains journaux, des discours d'hommes politiques |
En voici un: |
“ÆElecteurs, voulez-vous que vos enfants soient traînés dans des écoles où les Frères et les Sœurs leur feront baiser des mé:
dailles, dire des chapelets, adorer une
vingtaine de livres de plâtre qu'ils appel-
lent la Sainte Vierge ?”
Et le peuple de crier: Non! mille fois non ! mille mort plutôt que le déshonneur!
Pauvre peuple d'Ontario! Personne n’a voulu te forcer d'envoyer tes enfants chez les Frères. Tu les enverras où tu voudras; mails ceque l’on veut est ceci: Les pères de famille catholiques te demandent le droit d'employer leur argent pour soutenir des écoles où leurs enfants pourront prier Dieu à leur manière.—Ce n'est pas plus malin que cela.
Le bon sens du peuple a reconnu le droit du père de famille et les fanatiques sont restés dans la minorité lors du scrutin électoral.
Puisque nous sommes à parler d’enseignement, nous allons dire un mot des écoles du Manitoba et du Nord-Ouest qui, au fond, sont dans les mêmes circonstances.
Mes chers amis, nos frères les catholiques du Manitoba sont persécutés en ce moment ; ils souffrent dans ce qu’un père
et une mère ont de plus cher: leurs enfants. Il leur faut payer, pour le soutien d'écoles où il leur est défendu d'envoyer leurs enfants. et cela, maloré des droits acquis, malgré les promesses données à plusieurs reprises, De plus, on sait parfaitement bien que le Manitoba est devenu une province sœur à la condition expresse que les catholiques ne soutiendratent d’autres écoles que les leurs, et que la langue française serait l’une des “Jangues officielles du pays.” Aujourd'hui, plus de langue française, mais ce qui est bien plus grave, plus d'écoles pour les catholiques à moins que ceux-ci ne les entretiennent àleurs propres dépens après avoir paÿé pour l'instruction des enfants protestants. : :
Voilà ce qui arrive dans ce siècle où
l'on parle tant de liberté—triste liberté « que celle qui consiste à écraser les faibles
et les pauvres! Heureusement, qu'il Ya.
une autre vie. car nous serions tentés
d'aller plonger un poignard dans le cœur de tous ces despotes. Mais le chrétien regarde de l’autre côté de la tombe ; il se rappelle qu'il doit prier pour ses persécuteurs, et par son attitude, où il ne doit pas y avoir plus de faiblesse que de haine, chercher à trouver un remède aux maux qui l'affigent. L'Illustre Monseigneur Taché dont nous déplorons la perte et que nous sommes si fiers d'appeler l’un des nôtres, a écrit un livre que tous s’accoTdent à trouver admirable. Il est vraiment écrasant pour ceux qui assistent depuis quelques annéesau martyre de nos frères, le sourire ou le dépit sur les lèvres, suivant le degré de chance que leur appor tent les différentes phases de cette question brülante.
Nos politiciens, pour ce qui regarde les finances, se divisent en deux camps : les uns veulent la protection, les autres le libre-échange. Sur ces deux points qu'ils se chamaillent tant qu'ils voudront, l’'Eglise les laisse bien libres.
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Mais il y a une question sur laquelle les catholiques ont droit de demander lPunion: les écoles du Manitoba. Ceux qui ne suivent la politique qu'au point de vue religieux, sans s'occuper des noms qui sont à la droite ou à la gauche du siège de l’Orateur, ne se doutaient guère qu’on chercherait à faire du capital politique avec le râle agonissant de nos frères, les lutteurs catholiques du Manitoba et du Nord-Ouest.
Hélas! Pas d'union sur une question vitale. Quand donc l'aurons-nous ? “Tout royaume divisé périra.”
Si les protestants de la province de Québec avaient été traités comme le sont les catholiques du Manitoba, croit-on, pour un moment, que les grits et les tories se fussent séparés sur une question qui génerait leur liberté de conscience.
Mgr Taché va nous le dire :
“Cependant, si par impossible, la ma- “ jorité dans Québec songeait à priver la