CONDAMNATION DE L'ALLIANCE FRANÇAISE
‘ On a fondé 1l y a quelques années, en France, une société sous le titre de l’Ar.- LIANCE FRANÇAISE. Cette association se donne pour mission de propager notre langue nationale à l'étranger. Le but avoué serait évidemment louabie, mais des signes non équivoques indiquent que l'Alliance s'inspire de cet esprit de neutralité dont les catholiques n’ont que trop de raison de se défier.
‘ L'Alliance ayant établi un de ses comités à l’île Maurice, Mgr Meurin, archevêque de Port-Louis, la frappa de ses condamnations. Il y eut de vives plaintes contre la sentence du prélat, et l'Alliance Francaise a voulu porter le débat à Rome.
Voici, d’après l'Univers, ce qu'a décidé le Naint-Office en sa séance du 18 mars dernier :
“ Les Eminentissimes cardinaux de la ‘“ Sacrée - Congrégation du Saint - Office ‘ Jouent $. G. Mor l’archevêque de Port- ‘ Louis de la manière dont il a ag1 contre ‘Ta société l'Alliance Française et en ‘ même temps ils l’exhortent à persévérer ‘ dans sa manière d’agir, en empêchant “les fidèles de se joindre à cette société ‘et de prendre part à ses actes.”
(Semaine Religieuse de Paris.)
Il m'est cependant bien doux de déclarer en justice que plusieurs Canadiens catholiques de même que plusieurs Français catholiques se sont joints de bonne foi à cette société, Ils avaient l'intention d'aider les écoles catholiques. Le bon Dieu bénira leurs intentions. Mais comme il s'agissait d’un principe, Rome ne pouvait hésiter un seul instant.
Il est bien doux de faire l’aumône aux pauvres, mais pour cela il ne faut pas voler les riches.
Il est bien doux d'aider les écoles du Nord-Ouest, mais il ne faut pas Je faire aux dépens d’une vérité qui a coûté tout le sang du Calvaire.
Remarquez bien que les deux choses défendues sont :
1o De se joindre à cette société; 20 De prendre part à ses actes,
Mb a.
CIAPITRE I
Bien chers habitants el artisans,
Je ne viens pas vous faire un traité d'instruction religieuse ; vous savez votre catéchisme, je veux seulement vous rappeler ce que l’on entend par Église Catholique, que les libres-penseurs étrangers et canadiens veulent détruire.
L'Église est une société spirituelle, hiérarchique et parfaite, instituée par Jésus- Christ pour conduire les hommes au bon-
heur éternel par des moyens surnaturels, sous la direction des pasteurs légitimes, principalement de Notre Saint Père le Pape. :
lo. L'Eglise est une société,
‘ Une société est une réunion d’'hommes, poursuivant un même but par des moyens communs et reconnaissant une autorité qui les dirige vers la fin proposée.”
C’est la fin que l’on a en vue qui donne à une société son caractère propre. L'Éolise a en vue de sanctifier les hommes et de les conduire au bonheur éternel. Le salut, le ciel! voir et posséder Dieu toujours sans crainte de le perdre jamais ; c'est là la noble fin de la société catholique.
Quels sont les moyens qu’elle emploie pour parvenir à cette fin ?
Les prineipaux sont’ la prédication de la doctrine de Jésus-Christ, la fréquentation des sacrements, l'observation de ses
lois, le culte qu'elle rend à Dieu, la soumission aux pasteurs légitimes.”
Celui qui veut empêcher l'Eglise de se servir de ces moyens pèche et ne mérite pas de venir se reposer à l'ombre de son drapeau.
“L'Eglise est une société spirituelle.
Elle n’a pas pour but direct de procurer les richesses de ce monde ni d'encourager les industries; elle veut sanctifier Îles âmes ; voilà pourquoi elle est une société spirituelle.” Il faut cependant bien remarquer qu'elle est néanmoins une société visible. Jésus-Christ, roi des âmes à dit : ‘Mon royaume n'est pas de ce monde,” mais il n’a pas dit: n’est pas dans ce monde. Comme les âmes sont unies au corps, il doit prendre en ce monde des moyens sensibles d'arriver à son but.
L'Eglise est une société hiérarchique, c’est-à-dire qu’elle se compose de ceux qui commandent et de ceux qui obéissent.Il y a les supérieurs et les sujets. Outre ces
deux éléments, il y à aussi celui des religieux qui s’obligent à atteindre leur fin d’une facon spéciale.
Il y a la hiérarchie d'ordre pour administrer les sacrements. les évêques, les prêtres, les diacres, et celle de juridiction pour gouverner l'Eglise : le pape, les évêques, les prêtres, les diacres.
, Le pape a juridiction sur tous les évéques et tous les fidèles.
L'évêque tenant son pouvoir de Rome, a juridiction sur ses diocésains ; il juge dans son diocèse les questions de foi et de mœurs; 11a droit de porter des lois qui lient la conscience aussi longtemps que Rome n’en décide pas autrement.
Le prêtre a le pouvoir de célébrer le saerifice de la messe, de prêcher la parole de Dieu, d’administrer certains sacrements, mais il ne peut porter de lois par lui-
même.
Les attributions du diacre sont de baptiser, de donner la communion aux fidèles,
de prêcher la parole de Dieu, mais il ne peut dire la messe.
Voilà ce que nous avions à dire &ar cette partie de l'Eglise qui commande et dont les membres doivent obéir à Dieu et au pape.
Venons-en maintenant à l’autre portion chérie du troupeau : les fidèles.
Les fidèles sont ceux qui, étant baptisés, étant devenus enfants de Dieu, appartiex nent par le fait même à l'Eglise de Dieg Ils sont soumis à l’autorité ecclésiastique.
en ce qui regarde le bien de leur âme, de ‘âme de leurs enfants et de celle de leur prochain.
Ils doivent travailler dans l'Eglise de Dieu, mais ne doivent rien entreprendre que sous la dépendance de l’autorité légitime, comme par exemple : la construction d'église, de presbytère, le mode de répartir les ditmes etc., etc. Ils peuvent, s'ils n'y mettent pas d'obstacles, recevoir les sacrements de l'Eglise. C’est non-seu-
24 L'ÉGLISE lement leur droit, mais aussi leur devoir à l'égard de certains sacrements.
Ils cessent d'être membres de l'Eglise en apostasiant publiquement, en se faisant franc-maçon par exemple, ou bien en agissant de manière qu’une sentence d’excommunication soit prononcée contre eux.
L'Eglise est une société parfaite.
D'abord l'Eglise ne dépend d'aucune autre société pour son existence. Une saciété commerciale dépend de la société ærvile de laquelle clle reçoit la vie et peut æcevoir la mort. Il n’en est pas ainsi de Y£glise; elle est fondée sur la parole et les mérites de Jésus-Christ et assistée constamment de l’Esprit-Saint qui lui procure tous les moyens d'arriver à sa fin.
L'Eglise est une société parfaite. Son auteur lui a donné tout ce qu'il lui fallait pour conduire ses enfants au ciel, sans crainte de les tromper. Il Jui a donné l'infaillibilité. Il lui a donné le pouvoir de se perpétuer par le sacerdoce, jusqu'à
la fin des temps, et celui de se gouverner par elle-même sans l’ingérence du pouvoir civil. C'est-à-dire qu'elle peut faire des lois, les appliquer et les sanctionner en infligeant des peines aux trangresseurs.
Done, l'Eglise a les pouvoirs suivants :
le pouvoir doctrinal, c’est-à-dire, d’enseigner la vérité ; le pouvoir sacerdotal, c’està-dire celui de créer des évêques et des prêtres qui enseigneront jusqu'à la fin du monde; le pouvoir législatif, c’est-àdire celui de faire des lois ; le pouvoir judiciaire, c’est-à-dire celui d'appliquer et d'interprêter ces lois, de juger si Le fidèle confié à sa garde prévarique ou nor .
le pouvoir coercitif, c’est-à-dire celui € :
forcer ses membres à observer les cor.
mandements de Jésus-Christ, en leur imposant des peines, ou à sortir de la société. Un mot de chacun de ces pouvoirs.