‹ Autour du drapeauChapitre 4 sur 41 · LE POUVOIR D’ENSEIGNER (POUVOIR DOCTRINAL · texte numérisé non relu

LE POUVOIR D’ENSEIGNER (POUVOIR DOCTRINAL

Jésus-Christ n’a pas chargé chaque fidèle de prendre une bible et de se faire une religion au meilleur de sa connaissance, suivant le système protestant.

Il a dit à ses apôtres: Toute puissance m'a été donnée au ciel et sur la terre, al!ezdonc, enseignez toutes les nations. Qui “vous écoute, m'écoute; qui vous méprise, me méprise, mais qui me méprise méprise Celui qui m'a envoyé.

Donc l'Eglise a le droit de libre prédication orale ou écrite et celui qui s’oppose à ce droit, est un persécuteur. Saint Pierre et Saint Paul sont morts parce qu'ils prêéchaient la doctrine de leur Maître que César n’aimait pas.

Un évêque, dans une lettre adressée à ses fidèles, prêche que ses diocésains ne doivent pas lire tel ou tel journal. Doiventils l'écouter? Certainement. Ceux qui veulent l’en empêcher, demandant à César de lui fermer la bouche, sont des persécuteurs de l'Eglise. Il n’y a que Rome qui puisse arrêter un évêque parlant comme évêque.

Un prêtre qui, du haut de la chaire, dit qu'il est défendu à un aubergiste de vendre de la boisson le dimanche, de tenir un ‘mauvais règlement ” dans sa maison, de donner de la boisson aux enfants, aux ivrognes, est dans l'exercice d'un droit que Jésus-Christ lui a conféré pur sn évéque. Sion veut le faire “arrêter,” qu'il

le soit par son évêque ; celui qui demande à un juge civil de le faire, est un persécuteur de l'Eglise. É

Jésus-Christ a doté son Eglise du privilège de l'infaillibilité dans tout ce qui touche à la foi, aux mœurs et à la discipline générale.

L'infaillibilité n’est pas l’impeecabilité, c'est un secours spécial et divin que Dieu accorde à ceux (1) qui ont mission d’enseigner les saintes vérités de la religion.

“ Jésus-Christ dit à ses apôtres: Je suis avec vous (enselsnant) tous les jours, jusqu’à la fin des siècles. Tu es Pierre et sur cette pierre je bâtirai mon Eglise et les portes de l’enfer ne prévaudront jamais contre elle. Je prierai mon père et il vous donnera un autre Paraclet, l'esprit de vé- -rité pour qu'il demeure éternellement en vous.” |

La raison d’ailleurs nous dit qu’it faut

(1) Plus loin nous désignons ceux qui jouissent de ce privilège.

que l'Eglise soit infaillible. Si elle pouvalt se tromper seulement une fois, en vertu de quel principe serait-on obligé de l'écouter ? Car qui peut se tromper une fois peut se tromper deux fois et même dix fois. Notre-Seigneur dit: Qui vous écoute m'écoute ; mais comment pouvonsnous être obligés d'écouter sous peine de damnation des pasteurs qui peuvent enseigner l'erreur? Dans une telle supposition, il serait permis de nier ce qu'ils enseignent, et les pasteurs de Jésus-Christ descendraient au niveau des ministres protestants. Car vous savez, mes chers amis, que chez les protestants, l'autorité religieuse ne vient pas d'en haut, de Dieu, mais vient d'en bas. Il faut que le ministre prêche aux peuples des ‘hoses qui leur plaisent; si non, ils l’envoient pour en prendre un autre qui interprète la bible à leur manière.

Chez nous, c'est le contraire; les pré-

tres, à l'exemple de saint Paul, ne pré-

chent pas pour plaire aux hommes, mais pour plaire à Dieu. Quand les hommes ne sont pas contents, ils prêchent encore plus fort ; s'ils sont menacés de mort, ils prêchent quand même ; s’ils sont conduits à la mort, leur mort alors est la plus éloquente de toutes leurs prédications.

Comme on l’a dit : on croit facilement des témoins qui se laissent égorger.

Nul doute que l'Eglise doit jouir du privilèce de l'infaillibilité ; mais on me demande quels sont ceux qui, dans l’Eslise, jouissent de ce don ?

lo ‘ Les évêques unis au pape, soit dans un concile, soit dispersés dans le monde entier, sont infaillibles parce qu'ils sont juges de la foi.”

20 “ Le pape seul, a le même privilège que le corps épiscopal tout entier...” “Tu es Pierreet sur cette pierre, je bâtirai mon Eglise et les portes de l'enfer ne prévaudront jamais contre elle.”

Muis un concile d'évêques—disons un

concile national, par exemple, —n'est pas infaillible. Tant que ses décisions ne sont pas confirmées par le Souverain Pontife elles ne s'imposent pas à la foi des fidèles. Cependant il y a une chose qu’il faut considérer. De ce que les évêques d’une nation, réunis en concile, ne sont pas infaillibles, il ne faut pas conclure de là qu'on ne doive pas les écouter. Quoique leurs jugements ne soient pas sans appel, il ne faut pas oublier qu'ils sont réellement juges de la foi, des mœurs et de la discipline dans leurs diocèses respectifs, et que les fidèles doivent se soumettre à leurs enseignements aussi longtemps que le pape ne leur dit pas qu'ils ont tort. Il y a de méchants catholiques qui raisonnent d’une manière ridicule ; ils disent :

Un évêque peut se tromper, donc il a tort.

Ces gens ressemblent à ces enfants dénaturés qui disent: papa et maman peuvent se tromper, donc je ne les écouterai pas.

Maintenant examinons si cette autorité

infaillible de l'Eglise, a des bornes, si elle peut s'exercer sur toutes sortes de choses.

Nous répondons : elle ne peut pas s’exercer sur toutes sortes de choses. Comme on l'a dit “son domaine ne s'étend que sur les vérités révélées qu'il faut croire, les vertus morales que nous sommes tenus de pratiquer et la discipline générale qu'il nous faut observer.”

Dans les sciences naturelles, l'Eglise n'est pas infaillible; mais qu'on fasse attention à une chose: la foi et la science venant toutes deux de Dieu, ne peuvent être opposées l’une à l’autre; ces deux fruits de.l'arbre divin ne peuvent pas s'entre-dévorer, et la vraie science ne peut contredire la foi. Ce qui est un blasphéme devant la foi, est une folie devant la raison. Donc toutes les fois que ceux qui se posent en savants, énoncent des théories opposées à ce que vous avez appris de votre curé, vous pouvez soutenir qu ils ne savent pas ce quils disent; ils se

trompent et quelques années plus tard un autre songe-creux croira étonner le monde en disant: Le savant qui est venu avant moi, s'est trompé; les petits enfants en savaient plus que lui; mais moi, je connaïs enfin le mystère de l'arrivée de l'homme dans le monde: l’homme vient du singe. Dix ans plus tard, un autre arrive. Le savant, dit-il, qui ma précédé, ‘s’est trompé ; l'homme vient de la mouche à patates, car la mouche mange les feuilles et l'homme mange les patates; il n’y a qu'un ‘“ coton” de six pouces qui les sépare. Ce “ coton ” est l'ouvrage des siècles. Vous croyez que je badine, mes chers amis ; mais non! Il y a des savants—c'est comme ça qu ils s'appellent—qui ont écrit de gros livres pour prouver qu'ils s’apercevaient chaque jour qu'il y avait du singe en eux.

Toutes les fois que les prétendus savants séloigcent de Ja foi, ils tombent dans le ridicule. Ils se promènent de

DE L ÉGLISE o!

système en système, sans jamais s'arrêter, semblables à ces voyageurs qui ont perdu leur chemin.

Remercions Dieu de nous avoir faits membres d’une Eglise infaillible qui nous enseigne la vérité sans crainte de se tromper.

Donc, écoutons nos prêtres, nos évêques, le Pape. Ils nous condniront dans le clies min de la vérité.

Page 1