‹ Autour du lac [microforme]Chapitre 1 sur 49 · DA A · texte numérisé non relu

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sa place dans l’histoire de la Floride. Là, comme partout en Amérique, comme au Brésil à la mème époque, comme au Canada un peu plus tard, comme ici même enfin, dans notre Louisiane, les Français, venus sur les traces d’autres peuples, n’ont eu ni le courage, ni la force, ni le talent de se maintenir ; et ils ont disparu sans laisser après eux aucune fondation durable, aucun élément de population ac‘ive, aucun germe de prospérité. j

« Quant aux Espagnols, c’est à peine si je puis dire qu’ils aient plus contribué que les aventuriers français à la prospérité de la Floride. Pendant près de trois cents ans qu'ils l'ont possédée, ils n’en ont rien fait. À peine quelques établissements sur les côtes, quelques centres où croupit dans l’oisiveté cette inutile population créole que l'Espagne laisse partout : voilà tout ce que ces trois siècles auront valu à la Floride. Par l'Espagne, rien n'a été fait. Depuis quarante-cinq ans que la Floride est entrée dans l’Union, elle a plus marché qu’en ces trois cents années, et elle ne s'arrêtera plus.

« Oui, messieurs, la Floride datera son his-

toire du jour où elle est entrée dans notre grande confédération, et surtout de l’année 1845, où elle est devenue un de ses États. C’est nous qui lui avons donné ses villes, qui avons créé les ports de ses côtes ; c’est nous qui avons défriché les forêts de sa partie septentrionale, c'est nous qui avons navigué sur ses fleuves. Que dis-je ! c’est nous qui l’avons découverte, ou plutôt qui la découvrirons.

« Îci, messieurs, je suis ramené, pour conclure, à la pure géographie. La Société à laquelle vous appartenez a rendu d'immenses services à la science et à notre pays. Depuis qu’elle existe, elle a marché Sans cesse avec les pionniers, avec les émigrants, avec les soldats de nos armées, avec les steamers de nos commerçants. Au nord, à l’ouest, au centre, elle a tout exploré, tout vu; elle a fait pénétrer partout la lumière et puissamment aidé la colonisation. Mais il s’en faut encore, cependant, que notre vaste continent nous soit entièrement ouvert. Mème «ans sa partie méridionale, où la section de la Nouvelle-Orléans doit surtout agir, plus d’un point est encore inconnu. Nouvellement

entrés dans l’Union pour la plupart, nos États et territoires du Sud ont trop longtemps appartenu à des nations vieilles et usées, telles que l'Espagne et la France, où la population est stérile, où l'esprit d'entreprise n'existe pas. Il ne faut donc pas s'étonner si /a Floride n’est pas connue !

« Rappelez-vous ce que j'ai dit de sa partie méridionale. Si, venant de Jacksonville, vous remontez le Saint-John, vous entrez, à partir du lac George, dans de vastes forêts vierges. Du milieu de ces forèts sort une rivière, le Kissimee, qui se dirige droit vers le sud. On n’en a pas suivi le cours ; mais il est probable qu’elle se rend dans ce mystérieux lac d'Okeechobee! dont je vous ai déjà parlé. L’Okeechobee, nappe d’eau que tous les récits des Indiens dépeignent comme immense, occupe une grande partie de la Floride méridionale ; mais l'étendue de cette partie nous est malheureusement inconnue.

Personne, messieurs, personne, excepté quelques Indiens Séminoles, personne n’a vu les eaux de l'Okeechobee!

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