Corypha et chamaærops humilis
continuer, les reptiles que l’on trouve à chaque pas sous ses pieds.
C'était le lendemain de la mort du crocodile. Nos trois voyageurs avaient quitté les marais de la grande prairie pour entrer dans la zone encore moins solide qui se couvre de palmettos. Se suivant à la file indienne, nous les trouvons marchant la boussole d’une main, le couteau ouvert de l’autre, dans ces fourrés interminables bardés d’épines.
— Que le grand diable emporte le dernier palmetto ! criait Halley en maugréant. C’est un supplice de passer dans ces épines comme un sanglier qui brousse! Au moins, nous ne rencontrerons point ici des crocodiles qui m'empesteront de musc comme hier!
— Non, certes! mais tu peux rencontrer autre chose.
— Eh! qui peut vivre là-dedans ?
— Des ours, des cougouars, mon ami...
— Bah! on les recevra avec courtoisie. et une balle dans l'œil!
— En attendant leur rencontre, laisse-moi te dire, Saunderson, combien ce sera honorable
pour nous d’avoir tué, en Floride, le seul crocodile connu!
— Sans doute, ami. On n’y connaissait bien que l’alligator ‘ ordinaire, comme dans la plus grande partie de l'Amérique du Nord, et une autre espèce, le caïman ?, que, en sa qualité de terre de transition, la Floride importe de l'Amérique du Sud.
— Allons, tout va bien! Ceci est à notre actif pour la Société de géographie.
Et tout le jour, riant de leurs misères, les hardis champions marchèrent; mais, dans ce sol mou, détrempé, sans consistance, ils avançaient peu. Leur marche, à chaque instant entravée par l’eau, par la vase étendue en plaine liquide, était assujettie à des détours énormes, au bout desquels ils n'avaient pas d'autre moyen pour reprendre leur primitive direction que l'aide de la borssole. À chaque instant, des oiseaux différents s’envolaient à leur approche ; mais, rendus prudents par la réflexion de Baines, ils évitaient une fusillade qui pouvait leur jeter