‹ Autour du lac [microforme]Chapitre 37 sur 49 · X VIE. — L'EMBUSCADE · texte numérisé non relu

X VIE. — L'EMBUSCADE

Le feu fut entretenu pendant toute la nuit pour écarter les loups et les jaguars; l’un des hommes veilla; c'était leur tâche à tour de rôle. Sarah dormit dans les canots, dont elle avait la garde.

Dès l'aube, lesvoyageursreprirent leur course, descendant toujours vers le sud ; mais l'approche des Éverglades se faisait déjà sentir, et les rives de l’Okeechobee prenaient un aspect tout particulier. Les plages, basses, sablonneuses, laissaient pousser, entre elles et des centaines de

canaux parallèles pleins d’une eau noirâtre, croupissante, empoisonnée, un rideau de cyprès magnifiques. Au milieu des canaux, le saw-grass, cette herbe si terrible, s’étendait serrée et impénétrable; au delà, à perte de vue, les vasières inondées, les marais impénétrables de l'Okeechobee.

Un épais massif de virgiliers vint rompre la monotonie des pins et baigner ses pieds dans le lac; à côté de lui s’ouvrait une lagune profonde, couverte de fleurs aquatiques. Ce semblait un paradis au sortir des eaux noires et tristes que nos amis parcouraient depuis tant de jours.

C’est que la nature du fond était changée ; à la vase noire succédait un sable blanchâtre, annonçant l'approche des Éverglades…

Des nymphæa rouges, des nelumbo jaunes couvraient l’anse profonde; des pontéderies : formaient un véritable champ, dont les belles feuilles d’un vert luisant et les larges épis de fleurs bleu azuré se détachaient en vigueur sur ‘ les tons jaunâtres des joncs qui les entouraient. Une horde de daims buvait au loin sur la

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