‹ Autour du mariageChapitre 25 sur 33 · SCÈNE d'intérieur joy · texte numérisé non relu

SCÈNE d'intérieur joy

Monsieur d'Alaly. — Cela vous est bien égal?

Paulette. - Mais non ; je désire, au contraire, qu'elle soit très jolie et très confortable...

MoNSiECR d'Alaly. — Je vous remercie...

Paulette. — Afin qu'on n'aille pas, en vous voyant dans une chambre mal organisée, supposer que vous habitez la mienne...

Monsieur d'Alaly. — Ah I c'est donc cela ! J'étais étonné de cette sollicitude... Dites-moi, ma chère Paulette, savez-vous ce que coûteraient les petits arrangements que vous me décrivez là?

Paulette. — Je n'en ai pas la moindre idée!

Monsieur d'Alaly. — Il faudrait pourtant le savoir...

Paulette. — Eh bien, vous le saurez. Cela ne me regarde en rien, moi.

Monsieur d'Alaly. — Je vous demande pardon, cela vous regarde; il faut que vous sachiez ce que nous pouvons dépenser ou ne pas dépenser.

Paulette. — Je tiens à avoir tout ce qui m'est nécessaire,... pendant cinq ou six ans, au moins...

Monsieur d'Alaly. — Fichtre! si vous appelez ça le nécessaire! Dites-moi donc ce que vous regardez comme le superflu, voulez-vous?

Pauleite. — Vous vous arrangerez comme vous l'entendrez, mais je veux, tant que je suis jeune, avoir un grand train dans une très belle installation... Je veux des voitures, des toilettes et un

salon qui fassent sensation; je trouve que je vaux bien tout cela.'

"* Monsieur d'Alaly, énervé. — Enfin, vous rêvez d'être une femme à la mode; est-ce cela?

Paulette. — A peu près.

Monsieur d'Alaly. — Il me semble que votre rêve est déjà en bonne voie de réalisation?

Paulette. — Aux bains de mer, ici, oui; mais dans cette vieille baraque moisie, le vide se ferait vite autour de moi.

Monsieur d'Alaly. — Ma mère habitait cette vieille baraque, et je vous assure que son salon était très...

Paulette, vivement. — Ehl je sais bien que dans ce temps-là on pouvait faire des farces comme on voulait, et sans luxe; mais aujourd'hui on a besoin d'un cadre!

Monsieur d'Alaly. —

Paulette. — Et ce cadre, il me le faut 1

Monsieur d'Alaly, essayant une dernière fois de la persuasion. — Je t'assure que tu peux t'en passer, va! C'est bon pour les femmes ordinaires ou défraîchies, mais toi...

Paulette. — Turlututu! C'est très joli à dire, ces choses-là 1 Ça peut même se chanter, mais c( n'est pas pratique. Oh 1 non.

Monsieur d'Alaly. — Enfin, ma chère enfant, il iaut renoncer à vos projets de dépenses fantaisistes.

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