SCÈNE d'intérieur
parce que je n'ai pas d'argent pour les satisfaire.
Pal'lette. — Pas d'argent? Vous m'avez dit vous-mé:ne que vous aviez, que nous avions quatre millions six cent mille francs?
Monsieur d'Alaly. — En effet. Et vous m'avez répondu qu'avec cette somme on pouvait avoir onze cent cinquante mille francs de rente pendant quatre ans, ce qui est encore vrai; seulement, vous ne trouverez pas mauvais que je me refuse à cet arrangement, attendu qu'après, vous seriez la première à...
Paulette. — Après... après..., vous aviserez! Vous en trouverez, de l'argent ! Vous ferez comme tout le monde ?
Monsieur d'Alaly. — Tout le monde est plus habile que moi, probablement.
Paulette. — Ça, je le crois 1
M. d'Alaly fait un mouvement pour sortir.
Paulette. — Alors, vous n'êtes pas disposé à partir?
Monsieur d'Alaly, — Non, définitivement non... Vos parents me reprc,chent déjà de céder à toutes vos ridicules fantaisies ; que diraient-ils, cette fois ?
Paulette.— Restez si vous voulez; ça m'est bien égal, vous savez?
Monsieur d'Alaly. — Que de caprices 1 II y a cinq minutes, vous paraissiez tenir absolument à rentrer à Paris ?
^iO AUTOUR DU MARIAGE
Paulette. — Aussi vais-jey rentrer.
Monsieur d'Alaly, suffoqué. — Sansrnoi?
Paulette, très calme. — Sans vous, puisque vous aimez mieux rester ici.
Monsieur d'Alaly. — Vous n'irez pas à Paris sans moi.
Paulette. — Tant mieux 1 Je préfère que nous partions ensemble, c'est plus commode.
Monsieur d'Alaly, cherchant à se contenir. — Je veux dire que vous resterez ici!
Paulette, souriante. — Oh ! n'y comptez pas... ; à mon tour, je rétive.
Monsieur d'Alaly, menacajit. — C'est ce que nous allons voir?
Paulette, moqueuse. — Prenez garde, vous devenez ridicule.
Monsieur d'Alaly. — Je vais m'adresser à votre père et à votre mère, ils...
Paulette. — Ils vous enverront au large, papa et maman 1 Ils ont été obligés de s'occuper de moi pendant vingt ans, ça leur suffit, vous comprenez ?
Monsieur d'Alaly. — Vous avez une nature tellement indépendante qu'il est impossible de vous diriger dans le droit chemin; depuis que nous sommes mariés, je n'ai pu obtenir encore de vous la moindre concession aux idées raisonnables, aux usages reçus.