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j'aurais le droit d'être blasée, car depuis quinze jours nous ne faisons que ça...
Monsieur d'Alaly, avec un fin sourire. — Oh ! que ça.,.! Paulette, vous manquez de mémoire 1
Pavlette, sans paraître avoir entendu. — Nous partons de Paris pour Strasbourg, soi-disant, devant ensuite aller à Bàle... Nous n'allons pas à Strasbourg, nous nous arrêtons en route...
— Mais nous avons été à Strasbourg...
— Après.
— Qu'est-ce que cela fait, après ou avant?...
— Mais si nous y avions été tout de suite, comme c'était convenu, nous en aurions été débarrassés... et nous évitions Châlons, une ville de plus! Il est vrai que vous ne m'avez pas offert de la visiter, celle-là...
— Voyons, Paulette...
Paulette, un peu nerveuse. — Enfin, nous y arrivons, à Strasbourg! Là, vous me traînez impitoyablement à travers la ville; nous visitons le Jardin des Plantes, nous grimpons sur la cathédrale, vous ne me faites grâce nj d'un lézard empaillé, ni du tombeau du maréchal de Saxe. Il taui touJ voir!... et je n'osais pas protester...
Monsieur d'Alaly, souriant. — Tandis qu'à présent?...
— Ah! dame! Si, au bout de quinze jours, je n'étais pas encore à mon aise... ça serait triste...
MAUVAISES LECTURES lOI
— Mais je ne tiens nullement à rester ici, si vous vous y déplaisez...
— Je ne m'y déplais pas plus qu'ailleurs dans ce pays-ci... Ce qui serait gentil, par exemple, ce serait d'aller à la mer...
— Oh 1 déjà 1 II ... Songez donc, Paulette, qu'ayant annoncé que nous allions voyager pendant deux mois, il sera ridicule de revenir au bout de quinze jours... On croira que nous nous sommes ennuyés...
— Et vous préférez vous ennuyer et qu'on ne le croie pas?... Ah ! vous êtes bien élevé, vousl
Monsieur d'Alaly, tendrement. — Vous ennuyez-vous donc tant que cela, Paulette ?
Paulette, agacée. — Eh 1 je ne m'ennuie pas... positivement, si vous voulez me laisser lire tranquillement pendant que vous visitez vos monuments... C'est monotone à la fini...
'— Mais, c'est vous qui avez désiré voir les bords du Rhin, au lieu d'aller en Suisse d'abord, comme c'était décidé...
— Je croyais que c'était plus amusant et que ça remplacerait la Suisse; mais, du moment où il faudra aller en Suisse après, je regrette mon idéel
— Vous ne trouvez pas ces châteaux du Rhin admirables?...
— Si, mais nous avons épuisé les châteaux ; vous fi? voulez pas aller à Rade, vous cvaic,r\e7. que ce ne
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soit pas assez triste I alors nous avons passé deus jours à Kelil à regarder le pont, deux autres jours à Garlsrhue à contempler le château; j'en ai assez...
— Mais il y a, à Fribourg...
— Une cathédrale superb , je sais, je sais... Vous voulez absolument me la montrer, ainsi que le tombeau de Mirabeau... Si c'était le vrai Mirabeau, encore 1 mais pas du tout, c'en est un autre!...
— Depuis deux jours, vous n'êtes pas sortie... Cela vous est très mauvais, Paulette, de rester ainsi enfermée. Cela m'attriste de vous laisser seule et, d'un autre côté, si je ne prends pas l'air, je tomberai malade; l'exercice m'est absolument nécessaire.
— Mais allezdoncl... Je trouve cela parfaitement naturel...
— Que terez-vous pour vous occuper pendant tout ce temps ?...
— Ce que j'ai fait hier et avant-hier ; j'écrirai h maman, ensuite je lirai...
— J'ai presque envie de vous donner un petit livie charmant qui vous am.usera beaucoup... (Il va vers sa chambre^ puis réfléchit et revient.) Non... Je piéfère que nous le lisions ensemble... Je l'ai acheté à Strasbourg dans cette intention...
— Ahl moi aussi, j'ai acheté des livres à Strasbourg, chez le libraire qui était à côlé de l'hôte!..,, Qu'est-ce que votre livre?