ERNEST FLAMMARION, ÉDITEUR
26, RUE RACiNK, put;.s l'ooêon
Toui drolo r<(erv4a.
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ISfS
Je dédie ce poliime
Georges COURTELINE
en témoigyiage de ma vive reconnaissance.
CHIEN D'AVEUGLE
CHIEN D'AVEUGLE
Musique d'Emile Galle
A Copelle.
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I/aiilrc jour, je vis. lu* (l'Engliion, l'ii .•ivciii:!' (jiii n'avMil jtas «I' cliioti El (|ui, sans r nudiulro des bâluiis^
S'diiigcail à làlous.
CHIEN D AVEUGLE
Il conduisait très mal ses pas.
Je m' dis : « La pauvre créature Va se flanquer sous un' voiture, Tout à l'heur', si je n'm'en mêl' pas. »
Je pris l'aveugle par la main, Je lui fis faire un bout d' chemin ; Mais, l'ayant quitte, je pus voir Qu' juste au bord du trottoir,
Le pauvre homm' s'était arrêté Et semblait fair' le pied de grue.
Je lui fis traverser la rue Et le remontai d' l'aut' côté.
Mais, par un hasard singulier, Je vis venir un tonnelier (Jui, d'vant lui, comme un étourneau, F'sait rouler un tonneau.
M'en aller? c'était imprudent.
Je rejoins l'aveugle de suite Et hii lais un p'tit pas d' conduite, Pour éviter tout accident.
Je venais de lui lâcher 1' bras.
Quand, redoublant mon embarras.
On nous cri', près d'un bâ limon l :
« Passez au larg' viv'mciit! ;>
AUTOUR DU >fOULlN
C'élail une démolition, On j'tait les eroisé's par les fnêlres. Afin d' préserver nos deux êtres, Nous prim's une autre direction.
Mais, plus loin, l'on creusait un trou. Le pauvre homm' s'y s'rait rompu l'cou, C'est pourquoi je r'pris aussitôt L'aveugl' par son partot.
Tout à coup, je fais un faux pas,
Je m' prends les pieds dans un' ficelle,
L'aveuf-d' me rattrap' par l'aisselle.
Et m' dit : « Vous n'y voyez donc pas? »
Puis il ajoute, avec courroux :
« Mon pauvre ami, j'y vois mieux (juvuus, Lâchez-moi 1' coude, espèce de niais, Et f...i(lioz-moi la paix! »
L'occompagncmont de piano de celte chanson est en vente clicz Btnoil, cdilcur, 13, faubourg Sainl-Marlin.
LE DOUBLE SUICIDE
LE DOUBLE SUICIDE
Musique de Eue;. Lemercier
A Catulle Mondes.
l.U.-RU, 0« U-^4.tu4 U m'fulcl. J«\ , A«t4 m* f^.il.V;
.me,0\,tntêi».t KUiMU |i«u'. )( t*ti ^ tJlK luum/tén Ia («u.t-u .
. ml , *3i*t«<Liu un »*w*(«u U cCmu'*» , et m'iit : ftt tum«, i\f • (u . . ih< !
Comm' la vio, à tout bien r'gardcr.
Ne vaut jias un conlimc,
Je résolus de m' suicider Avec ma légitime.
LE DOUBLE SUICIDE
Or, voulant mourir pour de bon, Ma femm', s'ion la coutume, Prépare un boisseau de charbon Et m' dit : « Allume! allume! »
Pour y prendre des bùch's Bernard,
Vit' j'ouvre mon armoire, J'y vois un reste de canard,
Un morceau d' Brie, un' poire.
Au même instant ma femme me dit :
« Avant d' nous mettre en route, Comm' je m' sens un peu d'appétit,
Si nous cassions une croûte? »
J'accepte la proposition.
V'ià ma femm' qui dévore...
<( — Tu vas t' fiche une indigestion,
Lui dis-je, Eléonore.
— Bah! répond-ell', ra n' m'inquièl' i>as,
Avant d'être malade, J' s'rai passe' d' vie à trépas.
Je vais finir la salade. »