‹ Autour du moulinChapitre 12 sur 31 · LA CHANSON' DES LETTRES CO · texte numérisé non relu

LA CHANSON' DES LETTRES CO

Chez moi, j'ai mainte paperasse, Billets doux tristes ou charmants, Avec plaisir je m'embarrasse De ces griffonnages d'amants.

Dans le secrétaire plein d'ombre Où j'ai soin de les enfermer, On peut présumer, à leur nombre, Que l'on a dû souvent m'aimcr.

REFRAIN

Moi, le plus étrange des êtres.

Je ne peux pas me décider

A brûler mes anciennes lettres,

Malgré moi je dois les garder.

Quelles pages de comédie,

Donnant la preuve, au jour le jour.

De l'éternelle perfidie

Des hommes et de leur amour!

Celui-ci d'amoin- clail ivi-e Mais, iireiiaul la prose d'autrui, Puisait ses lotti'cs dans un livre.

Or, malheureusement [tour lui.

Dans son étourderie extrême, Par un coup du destin moqueur.

Il m'écrivit trois fois la même Et j'en ris ericor de bon cœur.

Cette lettre aux airs de facture De passion me parle en vain.

On voit, à la belle écriture, L'état d'âme de l'écrivain :

L'homme épris, posant son paraphe, Le fait avec fébrilité Et c'est aux fautes d'orthographe Qu'on juge la sincérité.

Dans la dernière, on me reproche Une ou doux inlidclilcs, On parle de mon cœur de roche, Bref! on me dit mes vérités.

Mon Dieu, cet amant bon apôtre Aurait pu parjurer sa foi.

Puisque l'un devait tromper l'autre, Autant valait que ce fût mai!

L'accompagnement de piano de ecUc chanson est en veiilc chez Benoit, éditeur, 13, faubourg Saiiil-Marlin, sous le titre de ': Valse des Lettres.

L'ENTREVUE FRANCO-RUSSE

L'ENTREVUE FRANCO-RUSSE

Musique de Eug. LE>rER(:iEu

A Bertrand MUlanvoye.

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Ouaiul Félix Faur' fut arrivé A Pagny-sur-MoscIio,

Croyant cticoro av<iir rêvé, 11 (lis;iil. iilciii de /.èlc :

l'entrevle franco-russe 73

« Vingt-cinq noms d'un chien !

Mais qu'est-c' que j' frais bien Pour qu' la Czarin' me r'marque?

Tonnerr' de bon Dieu !

Dans mon complet bleu, J'ai pas l'air d'un monarque ! »

Dans r wagon-salon le voilà

Prouvant à la Czarinc Qu'il n'a pas inventé V fil à

Coufior la margarine.

(( Madam', dit Félix, Le Czar, quel phénix!

Puis — j)ar diplomatie — Quand j'étais marchand, J'avais un penchant

Pour el cuir de Russie. »

Comme il jii'ciiaiL des airs poulTanls,

Son interlocutrice Lui i)réscnta ses deux enl'ants,

D'un air d'impératrice.

Félix dit : « Vraiment J' vous fais compliment.

IN'cn v'ià des choiiett' familles, C'est des goss's de rois.

Moi, la prochain' fois,

J' vous frai voir mes deux filles

Bref! à sa vingt-seplièm' sandwich.

Félix Faur', la bouch' pleine.

S'écria : « Viv' le Tzarewich! »

Puis, sans reprendre haleine ;

«f Allons, Majesté,

Encore un peu d' thé, Ça f'ra rager la Prusse,

Car nous cimentons.

Dans ces i>'tils gueul'tons, L'allianc' franco-russe. »

Et, sortant la Légion d'honneur D' sa poch' la jdus voisine,

Il la colloque, avec bonheur, Au prince Galitzine,

L ENTREVUE FRANCO-RUSSE

Disant : (( Mon garçon.

Au temps de Wilson,

Ça coûtait plus d'un' tlumc; J'en ai fait mon deuil, Moi, j' les donne à l'œil,

Aussi, j' frai pas fortune. »

Après lin ((jup d' sifllet strident,

Le train quitta la gare.

Gravement, notre Président Alluma son cigare.

Puis, cherchant un mot

Sublime et pas sot.

Oui prouvât son génie,

Il dit, d'un grand air.

Aux gens du rh'min d' for :

<i Uonsnir- 1,1 r.iinipagnio ! »

LA RÉSERVIl

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